Haiti: Petit cri d’alarme!

Crédit photo: www.radiotelevisioncaraibes.com

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Le peuple haïtien, dans sa formation sociale, ses pratiques de vie, laisse entrevoir des éléments caractéristiques qui sont symptomatiques d’une situation de crise globale sociétale. De plus en plus, la société s’achemine vers la décrépitude de ses valeurs d’antan. Des crises politiques qu’à des catastrophes naturelles, le pays en  fait les frais à tous les coups. La situation socio-économique est précaire. Les citoyens, préoccupés par l’assurance de la gestion de leur quotidien, accordent de moins en moins d’importance aux responsabilités qui leur incombent dans la manière de contribuer au progrès du pays. Nombreux sont ceux-là qui s’apitoient sur leur sort, au lieu de s’engager eux-mêmes. Et, le pays continue de s’accoster à la dérive. N’empêche qu’ au fonds,  ils continuent d’espérer.

Un peuple qui connait mal ses droits et ses devoirs qu’implique la notion de démocratie dans son essence, ne pourrait faire mieux que de se laisser diriger par des acteurs politiques populistes avérés cyniques et cupides, ou des amateuristes arrogants qui trépignent sur sa dignité. Certains diraient que « le peuple a les dirigeants qu’il mérite ». D’autres auraient déclaré qu’il s’agit d’un manque d’éducation. Et, l’ignorance est son prix. C’est pourquoi, au delà du fait que cela bouge mal, il continue de s’adonner à la culture de la résignation. Peu importe son état de pauvreté, le peuple n’exige que le strict minimum de ses dirigeants. La garantie de son quotidien. Malheureusement, nous en sommes toujours à ce stade.

Pendant que d’autres peuples s’organisent pour aller de l’avant, nous-autres, nous ne cessons pas de nous perdurer dans de vaines querelles, mésententes, luttes pour le pouvoir. Beaucoup trop de choses restent à faire, après plus de 210 ans d’Indépendance. Le peuple n’a pas cessé de danser sur son passé glorieux, de  s’y décerner un sentiment de fierté et de prestige, tout en pataugeant dans la misère. Injuste !

Aujourd’hui encore, nombreux sont les haïtiens qui nourrissent l’espoir de quitter le pays un jour, parce qu’ils pensent trouver mieux ailleurs. Les conditions de vie sont pitoyables. Le chômage gagne du terrain. Et, bien qu’ils soient de plus en plus déçus et frustrés, les gens se battent eux-mêmes pour sortir du trou. Le rituel ! Le sauve-qui-peut ! « Tant qu’il y a la vie, il y a de l’espoir » dirait-on !

En outre, l’accès à une éducation de qualité se fait encore désirer. Le taux d’analphabétisme demeure encore dans une dimension déplorable en ce plein 21ème siècle. Pourtant, c’est aussi et surtout l’histoire d’un peuple qui sait envoyer ses fils contribuer à la formation des citoyens d’autres pays, notamment des continents Américain et Africain, dans les années antérieures. La fuite des cerveaux haïtiens, occasionnée par le régime tortionnaire des Duvalier, a beaucoup coûté au pays. Si bien qu’à l’heure actuelle, la majorité des cadres, intellectuels haïtiens restent à l’extérieur, alors que le pays a besoin de ces compétences pour progresser. Inimaginable !

Mais à l’interne, Haïti regorge de potentialités dans tous ses recoins.De son mélange culturel hérité principalement des premiers habitants de l’Ile (Tainos, Arawak, Ciboneys), des noirs d’Afrique et de la colonisation  Européenne, l’haïtien est bourré de talents, d’imagination, mais souvent peu encadré. De la musique, la danse, la peinture, la cuisine au vodou constituant le folklore haïtien ; des mots, des proverbes enrichissant le créole comme langue maternelle du peuple, en passant par la langue française léguée par la colonisation, jusqu’à sa littérature, la diversité culturelle haïtienne fait répandre positivement son  image.

crédit photo: www.haiti.autrement.com

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En dépit de tous ces traits culturels exprimant la fierté d’Haïti, à l’autre bout de sa sphère sociale, les conditions de vie de la population,  n’ont pas vraiment changé. La situation est mal-en-point! Beaucoup d’efforts sont à faire. Il suffit de savoir comment s’y prendre, et remettre le pendule à l’heure. Le peuple a encore besoin de ses leaders, les authentiques, pour redonner le ton. Il faut une réorientation des choses dans le sens de ses véritables besoins. C’en est trop ! IL faut un nouveau leadership, des hommes et des femmes consciencieux et responsables. Ceux que nous avons connus, depuis la chute de la dictature des Duvalier, ont raté les opportunités qui leur ont été présentées pour amener le pays à bon port. Des élections se sont organisées. Beaucoup de candidats se sont présentés toujours avec de promesses fleuves. Des gouvernements se succèdent. La mesquinerie a primé. Les luttes pour le pouvoir, les chamailleries de toutes sortes ont triomphé. Et le peuple, dans sa naïveté et sa fragilité, en reste et demeure la principale victime. Le pays continue de traîner et tarder encore sur la voie du développement. L’attente d’un projet réel.

Le réveil s’est fait entendre. Plus que jamais, il est impératif que nous nous entendions sur les intérêts généraux de la nation. Sinon, nous risquerons de perdre pendant plus de temps encore la souveraineté nationale acquise depuis 1804, comme première République noire indépendante. D’ailleurs, la présence des forces onusiennes, au perpétuel renouvellement de mandat chaque année, dans le pays en est déjà la preuve. Les ingérences des éléments de l’internationale dans les affaires internes du pays, tant dans la politique que dans les autres domaines, témoignent de notre incapacité à nous diriger, comme nation libre.

La seule chose que semble garder encore ce peuple, c’est l’« espoir ». L’espoir qu’un vent nouveau va souffler,  que les choses vont changer. C’est pourquoi, nous lançons ce petit cri d’alarme ! Il faut un nouvel« ouf » ! Il faut sortir de ce piteux état auquel nous nous sommes attachés, depuis des lustres. C’est possible ! Il suffit de le vouloir, et de s’y engager convenablement.

L’alarme a véritablement sonné. L’espoir se fait trop attendre. La solution, c’est nous, Haïtiens et Haïtiennes. C’est l’unité nationale, au-delà des divergences de vue.

 Aimons Haiti! Aimons notre patrie!

Worlgenson NOEL

gensonoel@gmail.com

 

 

 

 

 

 

 

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worlgenson
Worlgenson NOEL (République D'Haïti) Je fais des études en Communication et en Psychologie. En tant que citoyen du monde, je porte mon regard sur ce qui se passe dans mon pays et ailleurs.

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