5 ans après le séisme du 12 janvier, ils vivotent encore sous les tentes

12 janvier 2015, 5 ans depuis!
5-ans-apres-le seisme-du-12-janvier-ils vivotent-encore-sous-les-tentesLa date du 12 janvier 2010 reste inoubliable dans l’histoire des catastrophes naturelles qui ont frappé Haïti. A 4 h 53, en moins d’une minute, Haïti a traversé ses pires moments de souffrances. Des centaines de milliers de victimes (blessés, morts et disparus, etc). Les édifices publics furent affaissés. L’Etat était impuissant à réagir adéquatement. Cette catastrophe n’était pas attendue !
Cette funeste situation avait vite mobilisé des aides internationales. Tous les yeux du monde entier étaient rivés sur Haïti. Le monde se sentait concerné. Catastrophe humanitaire !
Que d’ONG se sont succédé en Haïti! Que de promesses ont été faites ! Que de fonds ont été censés débloquer ! Mais toujours est-il que de nombreuses victimes attendent encore qu’on vienne leur sortir du marasme dans lequel elles se trouvent actuellement.

Le cas du camp ADOKEN SUD
Situé à Delmas 33, le Camp ADOKEN SUD est un espace occupé par les victimes après le séisme du 12 janvier. Depuis, ces gens-là continuent de vivre dans la crasse. Ils sont censés être leurs seuls responsables. Les services sociaux de base laissent à désirer. L’Etat n’a pas une présence constante. 5-ans-après-le séisme-du-12-janvier-ils vivotent-encore-sous-les-tentes
Les séquelles sont encore là, les souffrances aussi, surtout en cette période. Les images de ces tentes font bien resurgir les moments sombres du passage de ce puissant séisme qui a fait des milliers de morts en Haïti. Mais en fait, ce sont bien plus que des images pour ces rescapés vivant sous ces tentes, comme s’ils venaient d’être victimes de la catastrophe. Incroyable !

Qu’on se le rappelle, la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH) a été mise sur pied, entre autres, pour la gestion des fonds qui ont été promis. Le manque de confiance des pays donateurs vis-à-vis à l’Etat Haïtien leur a été pris pour prétexte de diriger le peu de fonds décaissés vers les Organisations non gouvernementales. Ces dernières n’ont pas manqué d’engager des experts internationaux pour réaliser des travaux, avec certainement le service de certaines mains d’œuvre haïtiennes. Des travaux palliatifs ont été réalisés. Mais les conditions de vie n’ont pas changé pour autant.

Parallèlement sur la scène politique, c’est la lutte pour le pouvoir. Les acteurs n’ont pas cessé de se chamailler pour des intérêts mesquins, alors qu’il existe, à l’autre bout de notre petit monde, des milliers de gens qui continuent de moisir dans des situations socio-économiques précaires nécessitant d’urgentes interventions.

Des années de luttes, beaucoup de manifestations de rue. Si seulement leurs revendications étaient réellement portées sur les conditions de vie de ces gens-là!
Et si seulement les dirigeants savaient que diriger, c’est changer ou améliorer les situations de vie de leurs dirigés !

En réalité, ce camp d’hébergement, ADOKEN SUD, est un témoignage qui va à l’encontre des discours propagandistes qui laisseraient croire que peu de choses restent à faire sur la gestion des rescapés du 12 janvier. Mais, cinq ans après, ces gens ont encore besoin que l’on pense à eux ; que l’on vienne à leur rescousse sous ces tentes de misère.
Vivre dans des camps, sous ces tentes, où la promiscuité est de rigueur, peut amener à des conséquences plus dangereuses pour le reste de la société. En plus des problèmes de santé qui sont dus à leur état d’insalubrité, s’ajoutent d’autres problèmes sociaux comme les cas de grossesses dites « précoces ou prématurées », de tabagisme, d’alcoolisme, de toxicomanie, etc.

Cela dit, 5 ans après, il ressort du devoir, non seulement, de l’Etat de porter un regard sur la situation de ces gens, mais aussi du reste de la société d’apporter sa contribution pour changer cette situation. Car les conséquences, à l’avenir, sont beaucoup plus à craindre.

Worlgenson NOEL

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Worlgenson NOEL (République D'Haïti) Je fais des études en Communication et en Psychologie. En tant que citoyen du monde, je porte mon regard sur ce qui se passe dans mon pays et ailleurs.

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