Haïti: l’Université d’État est en grève. La sempiternelle crise !

Crédit/photo: www.lematinhaiti.com

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Cela fait deux jours que je me suis présenté à la fac, rien que pour être présent dans mon espace universitaire, vraisemblablement. Beaucoup d’autres étudiants sont sur les lieux. Mais les professeurs ne viennent pas dispenser leurs cours. Pour cause, cette fois-ci, ils sont en grève, directement impliqués ou pas, le personnel administratif aussi.

Des membres du corps enseignant et le personnel administratif de l’Université d’État d’Haïti ont entamé une grève allant du lundi 19 au vendredi 23 janvier, avec possibilité de prorogation, si leurs revendications restent insatisfaites. Parmi ces dernières, deux sont censées être déterminantes pour la résolution de la crise : l’augmentation de salaire et l’intégration du personnel administratif au Conseil de l’Université (CU).
En effet, ce mardi 20 janvier, trois entités issues du monde universitaire ont organisé une conférence de presse conjointe au local de la Faculté d’Ethnologie pour expliquer leur motivation. Ensemble, les représentants ont tenu à exposer la situation que l’on peut qualifier de « crise » qui séjourne au sein de l’Université d’État d’Haïti, depuis des années.

Si l’on tient aux déclarations des tenants de la grève, deux ans de cela, « le processus qui vise à améliorer leurs conditions de travail et de salaire était lancé». Mais rien n’a été réellement fait pour gérer la situation. Plusieurs lettres ont été déjà envoyées par les signataires de l’appel à la grève. Aucune réponse n’a été jusque-là donnée. « Ils nous ont humilié », martèle un membre du personnel administratif qui n’a pas manqué d’accuser le rectorat de l’Université d’être responsable de la situation, en ne faisant rien de concret pour améliorer leurs conditions de travail, et leur intégrer au sein du Conseil de l’Universitaire. Ce dernier, qui est l’espace où devraient s’articuler les problèmes de l’institution, avec les solutions adéquates, est formé des représentants de toutes les entités/facultés que compose l’Université.

Par ailleurs, ils dénoncent la « politique de deux poids et deux mesures» qu’aurait appliquée le Conseil exécutif de l’UEH, dirigé par le recteur Jean Vernet Henry, dans d’autres entités de la même Université regroupant onze facultés. Ledit conseil semble avoir déjà voté, depuis le 7 décembre 2013, une grille salariale relative à leurs conditions de travail.

Qui en paie toujours les pots cassés ?

Il faut toutefois souligner qu’il n’est pas une année, à notre connaissance, où l’Université d’État d’Haïti, qui ne possède toujours pas son propre campus, ne traverse pas une situation de crise, dans un niveau ou un autre. S’il ne s’agit pas de revendications d’étudiants, c’est certainement celles des enseignants/professeurs ou du personnel administratif.
Une crise récurrente qui n’est pas sans conséquences sur les étudiants précisément, étant, en particulier, les principaux bénéficiaires de la formation fournie par ses enseignants/professeurs, sur l’ensemble de la communauté universitaire et la société, en général.
A cet effet, l’on doit reconnaitre que cette situation risque de générer un certain niveau de frustrations qui affectent la qualité de leur travail. Pas de motivation. Pas de bons résultats non plus. Sans compter le risque de canaliser ou propager leurs frustrations sur les étudiants. Cela dit, les mauvais perdants restent les étudiants.

En ce sens, il est important que les acteurs comprennent et se mettent à la hauteur de la situation. Une crise à l’université, une crise de plus au pays. Une crise multidimensionnelle, tant structurelle que conjoncturelle, nécessitant d’urgentes attentions et d’actions à tout prix. Car, tout dysfonctionnement de l’université affecte inévitablement la bonne marche de la société dans sa globalité.

Worlgenson NOËL
Étudiant à l’Université d’État d’Haïti

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Worlgenson NOEL (République D'Haïti) Je fais des études en Communication et en Psychologie. En tant que citoyen du monde, je porte mon regard sur ce qui se passe dans mon pays et ailleurs.

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