Haïti/grève: la capitale est assommée par la panique


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Cette semaine, la ville de Port-au-Prince est en effervescence. La poursuite de la grève entamée pour la révision, en Haïti, à la baisse des prix de produits pétroliers continue de faire la vague. Les opposants au régime en place n’ont pas manqué de profiter de la situation pour mieux assoir leurs revendications.  

La ville de Port-au-Prince s’est réveillée sous la grande  panique, ce lundi 09 février. Tôt dans la matinée, plusieurs accès de la Capitale étaient barricadés par des pneus enflammés, par de grosses pierres. Des rues sont désertes. Port-au-Prince est en convulsion.

Depuis le week-end, des syndicalistes et des membres de l’opposition « démocratique » avaient déjà annoncé deux journées de grève, allant du lundi 9 au mardi 10 février 2015. Par la même occasionné, des rumeurs, qui circulaient au sein de la population, faisaient état de potentiels actes de violence dont seraient victimes quiconque choisirait d’avoir un comportement d’aller à l’encontre de la grève. Ces rumeurs qui font peur s’orientaient même à l’endroit des parents qui se payeraient le luxe d’envoyer leurs enfants à l’école, au péril de leur vie. Drôle !

Cela va s’en dire ! Ce climat de grève traumatise toutes les échelles de la société. Le transport en commun était paralysé. Les commerçants, pour la plupart, étaient contraints  de fermer leurs marchandises. Les professionnels, pour le moins qu’on puisse dire, étaient restés chez eux. La capitale était assombrie par la panique. Dès lors, dans un sens ou dans un autre, on participe à la grève, sans prendre les rues. A la juste exception, bien sûr, des policiers qui étaient sur pied de guerre, comme l’avait prévu l’administration en place. D’ailleurs, cette dernière  n’a pas manqué d’envahir l’espace médiatique par des discours préenregistrés pour lancer des appels à la sérénité, mais surtout elle a mis en garde les éventuels cas de violence des grévistes et manifestants.

Depuis la veille, le directeur de la Police Nationale d’Haïti (PNH) avait frappé le poing sur la table. Les forces de l’ordre avaient pour mission de « mettre de l’ordre », et d’arrêter les « fauteurs de troubles ». Le Premier Ministre Evans Paul, pour sa part, avait tenté vainement de rassurer la population, en l’ordonnant de « vaquer » pleinement et normalement à ses occupations. Un mauvais signal : la méfiance de la population !

C’est quand même dommage, si la société est arrivée à un état pareil. Les paroles de nos hommes d’Etat n’ont pas fait autorité. La panique annoncée par des acteurs civils a eu gain de cause.  Elle était bien de mise. Les autorités ne pouvaient  faire pas grand-chose !

Dans la foulée, il faut souligner qu’en moins de deux semaines, le pays a connu des situations de turbulence dues au refus du gouvernement de baisser le prix des produits pétroliers sur le marché. Des syndicalistes, en passant par une frange de l’opposition, jusqu`au mouvement des groupes d’étudiants, pas mal de dégâts ont été enregistrés, dont l’incendie d’une voiture de l’État.

Certes, d’une manière ou d’une autre, la baisse de prix des produits pétroliers sera profitable à tous. Mais il est du devoir du gouvernement d’expliquer à la population le mécanisme d’évolution de ces questions économiques sur le marché mondial, les retombées qu’entrainent toutes les prises de décisions, dans un sens ou un autre. Cela éviterait, en conséquence, toutes formes de manipulation et de confusion susceptibles d’être orchestrées par des acteurs sur la scène politiques.

De deux choses, l’une, dit-on ! Face au mur, le gouvernement doit prendre une décision : tenir la tête aux protestations et recommandations faites par les grévistes et manifestants ou céder, contre lui-même, à leurs revendications, au-delà des éventuels impacts qui s’annonceraient sur l’économie national.

Worlgenson NOEL

gensonoel@gmail.com

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Worlgenson NOEL (République D'Haïti) Je fais des études en Communication et en Psychologie. En tant que citoyen du monde, je porte mon regard sur ce qui se passe dans mon pays et ailleurs.

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