Les bonnes raisons pour faire de la grève en Haïti

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Au regard de la dynamique de fonctionnement de la société haïtienne, tout est fin prêt pour ce que l’on appellerait un « éclatement » de ces différents tissus. En effet, les inégalités qui caractérisent les différentes catégories sociales du pays le fragilisent de plus en plus. Le pays va mal, tout le monde le sait. Les conditions exécrables de vie des citoyens sont révoltantes. En bref, toutes les conditions sont de mise pour qu’on assiste à ce que beaucoup peuvent appeler une « révolte populaire ». Pourtant, l’on a comme l’impression que la grande majorité de la population, bien qu’elle s’en plaigne, se conforme silencieusement dans sa réalité, en attente, comme toujours, d’un lendemain meilleur.

De nos jours, l’on assiste à des situations de tensions, quoi qu’elles soient instantanées, de plusieurs secteurs bien particuliers dans la société, avec des revendications contingentes. Ecoliers, enseignants, étudiants et syndicats de transports en commun, tous, pour la plupart, mettent sur le tapis des revendications justes, néanmoins circonscrites dans le relais du conjoncturel. Car, aussitôt que leurs revendications paraissent satisfaites, ils retournent à la vie vraisemblablement normale. Pourtant au fonds, le problème reste entier. La société continue de fonctionner avec les mêmes malaises.

Cela dit, ce dont Haïti a besoin désormais pour avancer, c’est une mobilisation générale issue d’une révolte de la  conscience collective. Les citoyens, de quelle catégorie qu’ils soient, doivent sortir de leur grand mutisme pour que les choses changent vraiment. Il nous faut des groupes de leaders qui articulent des revendications qui reflètent les véritables revendications de l’ensemble de la population qui continue de patauger dans la crasse.

Haïti a besoin d’une reforme dans son système éducatif, c’est-à-dire avoir un système qui forme des individus-citoyens qui soient à mêmes de se mettre au service de leur société. Il faut la construction d’une société où les gens se sentent chez eux, sans avoir besoin d’aller se faire humiliés ailleurs, parce qu’ils sont en quête d’une vie meilleure. Il faut également une société où l’Etat et les élites économiques encouragent la production nationale ; créent des emplois pour les gens. Un combat contre la pauvreté,  la misère.

En somme, aujourd’hui, s’il faut observer de la grève en Haïti, ces éléments pourraient constituer la toile de fonds des revendications qui s’orientent au sens de l’intérêt collectif. En lieu et place des mouvements spontanés utilisés très souvent par des leaders sans scrupules qui profitent de la naïveté de la population, en dépens de leurs propres intérêts, il nous faut nous entendre et nous demander ce que nous voulons réellement pour Haïti. Cela aurait  pour conséquence la réduction du taux d’inégalités sociales qui rongent le pays. Il y aurait alors moins de gens en proie à la frustration, au découragement et au désespoir. Il s’ensuivra alors une société forte et autonome.

Worlgenson NOEL

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Worlgenson NOEL (République D'Haïti) Je fais des études en Communication et en Psychologie. En tant que citoyen du monde, je porte mon regard sur ce qui se passe dans mon pays et ailleurs.

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