Haïti-Société: Gonapréfac, un exemple de solidarité et de volontariat à succès

Chaque année, depuis une décennie, Gonapréfac n’a pas manqué de permettre à des jeunes parmi les meilleurs à intégrer les différentes entités de l’université d’Etat d’Haïti et d’autres centres universitaires du pays ou ailleurs. Bien qu’elle soit critiquée pour ses méthodes de travail : beaucoup de pression, nombreux sont les jeunes qui souhaitent être choisis. Quelle est la clHaïti-SociétéGonapréfac  un exemple de solidarité et de volontariat à succèsé de son succès ? Comment est-elle vue par ses membres ? Postulants d’hier, étudiants, professionnels et encadreurs d’aujourd’hui nous livrent leurs opinions.  

Depuis dix ans, la cité de l’Indépendance, Gonaïves n’a pas cessé de s’enorgueillir du nombre grandissant de jeunes qui pénètrent le monde universitaire. Qu’il s’agisse de l’université d’Etat d’Haïti ou d’autres universités. Cette nouvelle génération de jeunes manifeste un grand intérêt pour les études, pour le savoir. Mais tout ce bon résultat enregistré provient en grande partie de l’effort de jeunes étudiants qui, par l’entremise d’une structure de formation – ou-mieux d’initiation à l’université portant le nom de la ville, Gonapréfac, choisissent de partager leurs connaissances.

A chaque période estivale, postulants d’hier, étudiants, professionnels et encadreurs d’aujourd’hui, tous, ils mettent les mains à la patte pour garder l’héritage en pompe dans la cité de l’Indépendance. Régulièrement, ils sont nombreux à défiler aux Gonaïves pour continuer à tenir le flambeau allumé, en apprenant aux jeunes les rouages du monde universitaire, ainsi que la manière de faire face à des épreuves de la vie.

Sans un moindre centime, au-delà de tout jugement d’appartenance sociale, politique et religieuse, ces étudiants originaires de la région se sacrifient pour la réussite des bacheliers à l’université. Tous, avec l’idée d’avoir rendu service à leur communauté, participent dans la formation des futurs cadres qui seront à même d’investir leur savoir au profit de cette société haïtienne déjà en manque de compétence et en proie à la dérive.

Les gens ne paient pas pour intégrer Gonapréfac, hormis les 100 gourdes (monnaie locale) qui leur sont réclamées pour la procuration de leur badge, aprės inscription. Si plus d’un tende à critiquer le mode de fonctionnement de la préfac pour sa pression, d’autres estiment au contraire que cette pression blesse parfois, mais surtout exige des postulants au travail beaucoup d’investissement et favorise les résultats positifs. Toutefois, l’évidence est que, chaque année, ils sont des centaines à manifester leur intérêt de fréquenter cette « école de réussite » en exercice depuis 2005.

Des postulants à Gonapréfac

Des postulants à Gonapréfac

Les encadreurs d’aujourd’hui, postulants d’hier donnent leurs avis

Pour Cassandre Joseph, Gonapréfac représente la première expérience-choc de sa vie. « J’avais eu peur de fréquenter Gonapréfac. Dès la période d’inscription, la pression était déjà très forte ! Ce n’est qu’après que je me suis adaptée. Elle m’a appris à vaincre mes peurs : celle de me détacher de mes parents pour aller étudier ailleurs et celle d’affronter des réalités de la vie.», témoigne fièrement l’étudiante en sciences administratives à l’université Notre-Dame d’Haïti. M’étudiante estime que cette activité qui représente l’avenir de la cité de l’Indépendance nécessite l’encouragement de l’ensemble de la société.

« Gonapréfac est une preuve concrète d’une réussite d’ensemble. Il s’agit d’un vaste mouvement de solidarité en support à nos bacheliers de la région», affirme Andersen Honorat, actuel coordinateur adjoint de la structure. « C’est aussi un espace de rencontre de plusieurs générations de jeunes de plusieurs facultés pour discuter des différents maux de la société haïtienne »,  renchérit avec enthousiasme l’étudiant en génie civil à la faculté des sciences pour  témoigner de l’utilité de cette activité dans la ville.

L’étudiant en psychologie (FASCH), WoodVary Cajuste pense que Gonapréfac est un modèle à suivre par d’autres acteurs dans la société. C’est aussi et surtout selon lui « une occasion donnée aux parents et aux enfants, n’étant pas en mesure de payer les universités privées, d’intégrer l’université d’Etat d’Haïti sur concours ». Le jeune étudiant en anthropo-sociologie de la Faculté d’Ethnologie, Jeff Prophil, souligne que le dynamisme et la perspicacité, la dextérité dans la manière de procéder, la solidarité entre les différents acteurs, constituent la force de Gonapréfac.

De succès en succès, cette structure de mise à niveau créée par les jeunes, pour les jeunes,  marque son territoire dans la cour des grandes autres préfacs sur le territoire. Lounès Félicin, actuel coordinateur de la structure, étudiant en service social (FASCH), situe Gonapréfac dans le cadre d’une  activité citoyenne de service à la communauté. « Depuis les cinq dernières années, nous permettons en moyenne à une soixantaine de jeunes d’intégrer l’université», s’enthousiasme-t-il.

Alors que Jimmy Saint vil s’enorgueillit de la qualité du travail accompli, Edwidge Petit-Frère met l’accent sur ce qui fait l’importance de l’activité. « Nous faisons un travail de déconstruction d’un ensemble de complexes et clichés tirés du niveau classique. Nous agissons sur leur mental, en essayant de leur inculquer des notions qui les préparent à l’avenir », soutient Jimmy,  l’étudiant en gestion des affaires de l’Institut national d’administration de gestion et des hautes études internationales, tout appelant les organisateurs à bannir certaines tares qui peuvent ternir l’image de cette activité. Et pour sa part,  Jean Edwidge Petit-frère, étudiant en sciences politiques de la même parle d’une « initiative citoyenne favorisant la jeunesse à accéder à ce haut lieu du savoir et de l’influence sociétale par excellence qu’est l’université ».

Fraîchement élu comme responsable de l’axe des sciences humaines, Kender Archélus, dit attendre  cette année encore une volonté de recevoir de la part des postulants ce que les encadreurs comptent les offrir en termes de formation. L’étudiant en travail social à l’université d’Etat d’Haïti avoue qu’il intègre cette structure avec un sentiment de fierté et la volonté de servir. Néanmoins, il exige  de la motivation de la part des postulants et des encadreurs à qui il revient la lourde tâche de combler les lacunes de ces jeunes.

Si de nos jours, beaucoup se plaignent du manque d’implication de la jeunesse dans le processus d’avancement du pays, ces jeunes étudiants peuvent se réjouir d’avoir fait, jusqu’à présent, œuvre qui vaille en participant à la formation des jeunes bacheliers désireux de fréquenter l’univers universitaire.

Gonapréfac, une des plus belles initiatives de la ville, reste un exemple de solidarité et de volontariat chez les jeunes animés par la volonté d’aider et de contribuer au progrès d’Haïti. L’engagement pris par ces jeunes, étudiants, professionnels et encadreurs d’aujourd’hui, postulants d’hier, s’impose comme un modèle de réussite à suivre par d’autres gens à d’autres sphères d’activité en vue de la (re) construction effective de la société haïtienne.

Worlgenson NOEL

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Worlgenson NOEL (République D'Haïti) Je fais des études en Communication et en Psychologie. En tant que citoyen du monde, je porte mon regard sur ce qui se passe dans mon pays et ailleurs.

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