Haïti/Immigration: entre service et « mounpaïsme » riment frustration et colère

Crédit image: www.haitianinternet.com

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S’il vous est difficile de contrôler vos nerfs, ne tentez pas l’expérience de vous rendre aux bureaux des services de l’immigration d’Haïti. Vous risquez de péter les plombs dans cet espace surchauffé et surpeuplé. Mais, si vous êtes obligés d’y mettre les pieds pour des raisons de passeport, n’oubliez pas d’annuler l’ensemble de vos rendez-vous. Outre les grands retards dans les services, les agents dédaignent le simple citoyen, lui préférant les personnes argentées. On les appelle d’ailleurs les « agents-raquetteurs », et leur pratique est appelée « mounpaïsme ». Tout y est pour engendrer et réchauffer les spectres de frustration et de colère qui habitent la plupart des Haïtiens déjà à en proie à une vie dure.

Une qualité de service exécrable   

Ce n’est pas un secret de polichinelle, la quasi-totalité des bureaux de l’administration publique en Haïti fonctionne mal (avec une défaillance flagrante en matière d’accueil et de service). Le simple citoyen n’a pas besoin de connaître les principes de l’administration pour reconnaître la qualité de service offerte par une institution. Un service de bonne qualité saute aux yeux et procure le désir d’y revenir. Et bien non ! Au service de l’immigration et de l’émigration de Lalue, à Port-au-Prince, les agents bougonnent, s’énervent, crient.

La plupart ne sont pas à la hauteur de leur tâche. Ils sont vraisemblablement de mèche avec d’autres individus apparemment plus importants qui, même s’ils arrivent en dernier, sont servis avant tous les autres debout depuis des heures. Il s’agit d’une des sources de frustration et de colère, dirais-je, légitime du citoyen. Tandis que, pour l’éviter, il pourrait exister un bureau spécial pour ces individus spéciaux! Ouf ! Le désordre.

Toutefois, cet « état de fait» décrit est surtout valable pour les personnes qui n’ont pas les moyens pour payer une agence ou de tierces personnes que certains appelleraient agents-raquetteurs et que moi, je nommerais d’agents aux services spéciaux réclamant une somme excédant considérablement celle demandée par l’institution, à fin de garantir une livraison de passeport en un temps record.

Crédit image: www.hpnhaiti.com

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Un déficit de sécurité

À côté de tout cela, il se pose un problème de sécurité dans les locaux de l’immigration et de l’émigration d’Haïti, vu la demande pompeuse au quotidien de passeport. Les gens d’horizons divers du pays arrivent en masse devant les différents espaces de service de l’institution, à Lalue. Pourtant, les mesures de sécurité laissent à désirer. Bien qu’il existe des agents de sécurité à l’entrée, il suffit de dire la raison de sa présence aux bureaux de l’immigration, et l’entrée est libre. Pas de fouille systématique. Rien du tout. Cela dit, tout le monde à l’intérieur court des risques. N’importe quel détraqué peut décider de satisfaire ses fantasmes criminels. L’espace est vulnérable. Mais, « Dieu soit loué ! », diraient certains. Nous continuons de vivre dans la sérénité. Nous n’exigeons pas beaucoup, au-delà de nos conditions de vie difficiles.

Des décisions à prendre

Certes, la problématique du « sous-emploi » des employés de l’administration publique peut affecter leurs manières de fonctionner, jusqu’à provoquer des actes de corruption. Mais, cela ne doit nullement justifier le mauvais accueil et le piteux état de service dont il est sujet dans ce billet. Il revient alors aux autorités de l’État d’assumer leurs responsabilités, en apportant un nouveau regard sur le fonctionnement de l’administration publique. Les citoyens, en tant que contribuables, ne doivent plus continuer à subir l’incompétence ou le manque de volonté des employés de l’administration publique.

Pour avoir une société où les citoyens se sentent appartenir à leur pays, il faut donc qu’ils soient traités avec respect et dignité par leurs concitoyens !

Vers une rénovation de l’administration publique haïtienne !

 

  1. Le concept de « mounpaïsme » est utilisé dans le milieu social haïtien, pour traduire un comportement de favoritisme manifesté à l’endroit d’un proche, d’un ami, au détriment d’un autre.

Worlgenson NOEL

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worlgenson
Worlgenson NOEL (République D'Haïti) Je fais des études en Communication et en Psychologie. En tant que citoyen du monde, je porte mon regard sur ce qui se passe dans mon pays et ailleurs.

1 Commentaire

  1. Constat assez juste. Le Service l’Immigration en Haiti, traduit a lui seul tout le degré de tolerance de la société haitienne envers à la corruption. POur ceux et celles qui l’ignorent, une fois les commandes de livrets placées par le Gouvernement sont livrées, les employés, en fonction leur degré hierarchique en confisquent une partie. C’est la raison unique de la penurie de livrets. Une fois le citoyen se trouvent oblig és de renouveler son passeport, eh bien il est accuueilli par des raketteurs, complices des employ és qui offrent le service (certes des fois rapides) mais a un prix exhorbitant qui varie e fonction du degré de l’urgence. AUCUN EMPLOYE DU SERVICE DE L’IMMIGRATION N’ACCEPTE FACILEMENT LES TRANSFERTS DE POSTE. car en rakettant le contribuable, il/elle peut gagner jusqu’à 50 fois , voire plus, son salaire mensuel

    Si on amplwaye ka dim le kontrè map tann li.///

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