Haïti/Santé : Et si Ebola frapperait à nos portes?

Credit-photo: consulfrance-lecap.org

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Indéniablement, l’une des plus grandes inquiétudes qui planent dans l’esprit des millions de gens sur la planète, c’est Ebola. Ce virus dévastateur ou mangeur d’hommes et de femmes sème la terreur sur son passage. De l’Afrique Centrale, en passant par l’Afrique de l’ouest jusqu’à pouvoir atteindre l’Amérique (avec cas repéré aux USA), Ebola n’a pas cessé de faire monter la barre des victimes. Panique totale. L’OMS a déjà recensé plus de 9216 cas, et plus de 4500 individus partis pour l’au-delà, en une courte période.

Plusieurs pays du monde se sont mobilisés en essayant de prendre des mesures jugées valoir le coût. Si les pays riches ne sont pas trop à l’abri, les pays pauvres ne le sont encore moins. C’est le cas de notre pays, Haïti. C’est un fait. Haïti n’est pas à la hauteur de ce qui adviendrait si l’Ebola déciderait de venir frapper à ses portes. Le pays ne serait pas à même de répliquer convenablement. Pour cause, la défaillance du système sanitaire.

Lors d’une conférence organisée à la Faculté des Sciences Humaines (Université d’Etat d’Haïti) ce vendredi 31 octobre 2014,  le docteur  Félix Junot a souligné qu’« il y a raison de s’alarmer, compte tenu de la situation en Haïti ». Le personnel de santé n’est pas en mesure d’intervenir de manière appropriée. Problème d’infrastructure. Le pays ne s’y était pas préparé. Ce n’était pas prévisible.

Toutefois, il faut reconnaitre que le gouvernement, préoccupé par la question, a mis sur pied ce que la ministre de la santé et de la population, Madame Florence DUPERVAL GUILLAUME, aurait appelé « un plan riposte » à trois phases. (http://lenouvelliste.com/lenouvelliste/article/137010/Ebola-Le-gouvernement-haitien-a-deja-son-plan-de-riposte.html )

Cela concerne, d’abord, l’institution d’un comité dont l’ensemble est formé des ministres du gouvernement haïtien, des responsables de la Police nationale d’Haïti (PNH) et des partenaires internationaux pour contrôler le développement de l’épidémie. Ensuite, une demande a été faite aux agents des ONG et de la MINUSTAH (Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti)  de suspendre toute rotation de leurs membres dans des pays où des cas avérés de fièvre hémorragique à virus Ébola. Et des mesures allaient être prisespour assister les personnels des aéroports à l’aide de formations spécifiques sur les précautions à prendre face à des personnes susceptibles d’être contaminées par ce virus. Enfin, des dispositifs seraient pris en vue d’informer la population au travers des « écrans géants » qui seront placés à l’aéroport avec des spots publicitaires sur le virus.

Par cela, le gouvernement veut montrer sa bonne volonté, dans la manière de gérer la situation. Mais c’est un secret de polichinelle, les ressources manquent en Haïti. N’empêche que ces mes mesures peuvent péremptoirement atténuer l’atmosphère de panique dans la population.

A ce propos, la seule manière d’anticiper son apparition c’est de prendre des mesures qui conviennent. D’où le sens des propositions du docteur Felix, professeur d’université, impliquant nécessairement la participation de la collectivité. Il faut, non seulement penser à la formation des agents sanitaires, devant être placé dans les ports, aéroports, notamment, mais aussi dans les autres espaces sanitaires des différentes régions du pays. Les responsables doivent, d’une part, penser à mobiliser et sensibiliser le personnel de la santé sur le virus, lui-même, particulièrement, d’autre part, à éduquer tout l’ensemble de la population. Une sensibilisation massive. Et, pour finir, les autorités doivent déterminer un fonds spécial d’urgence, comme le recommande le docteur Felix, émanant strictement d’haïtiens d’ici et d’ailleurs.

Worlgenson NOEL

gensonoel@gmail.com

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Worlgenson NOEL (République D'Haïti) Je fais des études en Communication et en Psychologie. En tant que citoyen du monde, je porte mon regard sur ce qui se passe dans mon pays et ailleurs.

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