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REGARDS SUR LE MONDE
Article : Voyons ! Mais, foutez-nous la paix en cette période de fin d’année !
Politique
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24 décembre 2014

Voyons ! Mais, foutez-nous la paix en cette période de fin d’année !

Sur la place Jérémie (Port-au-Prince), les gens du quartier viennent prendre de l'air!
Sur la place Jérémie (Port-au-Prince), les gens du quartier viennent prendre de l’air!

J’ai appris, à travers les médias, que l’opposition radicale entend continuer une autre phase de l’opération baptisée « Burkina Faso » visant, à tout prix, le renversement du Président en place, Michel J. Martelly. Des manifestations de rue sont prévues pour les 24, 26, 28, 31 jusqu’au 1er janvier 2014, des moments forts de l’année que nous ne tendons à négocier sous aucun prétexte, sauf en cas de force majeure.

Mais enfin ! Vous pourriez choisir d’autres moments pour vos luttes, fructueuses pour vous, mais stériles pour l’ensemble de la population ! Vos luttes pour le pouvoir ne doivent pas prendre le dessus. Vos manifestations de rue, profitables à vous, ne doivent pas nous empêcher de passer les fêtes de fin d’année avec sérénité.

Au fait, et l’administration en place et l’opposition, les deux ont, bel et bien, contribué à rendre instable le climat politique, jusqu’à atteindre tous les autres secteurs de la vie nationale. Si le pouvoir n’a pas su anticiper la crise par la bonne gestion de l’administration publique, l’opposition n’a pas cessé de profiter des erreurs. Vous aviez passés donc toute l’année à rendre instable le pays et à semer le stress dans l’esprit de gens, par vos agissements.

Que vous soyez au pouvoir ou dans l’opposition, sachez que quand vous déstabilisez le fonctionnement d’un pays à un tel rythme, les conséquences fâcheuses sont inévitables. Le pays ne fait pas que marquer les pas sur place, mais marche à reculons.

Oui, l’opposition a le droit de manifester quand elle le décide, mais elle n’a nullement le droit de chercher à priver aux citoyens leur droit de fêter, en dépit de tout, dans la paix, la sérénité en cette période de fin d’année. Cela dit, nous protestons contre cette attitude !

C’est la période des grandes retrouvailles : familiales, amicales, etc. Des haïtiens de la diaspora veulent profiter pour venir voir et fêter avec leurs familles. Ils ont le droit de le faire sans avoir l’esprit tourmenté, préoccupé par la conjoncture de crise que vous choisissez d’engendrer dans le pays depuis très longtemps ! Foutez-leur la paix en cette période !

« La Noël, c’est la fête de tout le monde. Peu importe son statut social, sa couleur, sa race, son opinion politique. D’une manière ou d’une autre, l’on se réserve le droit de respirer un nouvel air durant cette période, en essayant de mettre de coté les moments de stress, de chagrins, etc. »

Un arbre décoré sur la place Jérémie  (Port-au-Prince)
Un arbre décoré sur la place Jérémie (Port-au-Prince)

Les enfants ont besoin de stabilité. Les jeunes, notamment des étudiants, ont besoin de profiter de ces moments pour se détendre. Alors, foutez-nous la paix avec vos luttes intestines pour le pouvoir ! Arrêtez de berner la population, prétextant que vous vous agissez dans son intérêt. Elle a besoin de respirer un nouvel air ! D’autres citoyens ont besoin de circuler normalement et paisiblement dans les rues de leur propre pays. Les petits marchands de rue ont besoin de vendre leurs produits normalement ! Ils doivent s’occuper de leurs enfants, dans ce pays où les conditions de vie/d’existence sont difficiles. Foutez–les paix en cette période de fin d’année !

« Vous avez le droit de manifester quand vous voulez, ils ont aussi le droit de vous demandez de leur donner la paix, en cette période de fêtes de fin d’année ! »

Il faut une trêve dans ce combat qui ne mène pas à grand-chose en ces moments! L’essentiel, c’est de s’entendre sur les vrais problèmes du peuple, pas sur les éléments teintés de facticité cachant les intérêts inavoués de certains.

Joyeux Noël à tous!

Merci ! Bien à vous !

Worlgenson NOEL

gensonoel@gmail.com

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Article : Le Père Noël, mécontent, s’adresse à la nation Haïtienne
Société
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19 décembre 2014

Le Père Noël, mécontent, s’adresse à la nation Haïtienne

Crédit photo: www.bondyblog.fr
Crédit photo: www.bondyblog.fr

Dans une lettre adressée à la population haïtienne, ce jeudi 18 décembre, le « Père Noël » exprime ses mécontentements face à la conjoncture de crise à laquelle confronte Haïti depuis bien des temps. En cette période des fêtes de fin d’année, « Père Noël » met en garde toute tentative de boycotter les instants de joie, de bonheur, de partage, d’amour auxquelles les haïtiens ont droit, comme tous les citoyens du monde.

En voici la teneur !

Aujourd’hui, c’est avec consternation que je tiens à vous faire part de cette adresse qui reflète l’expression de ma pensée sur la conjoncture actuelle du pays. Du haut de mon fauteuil inconnu, j’entends tout bas les cris d’un peuple en souffrance qui aspire à une amélioration de ses conditions de vie. Je me sens tout à fait contrarié, particulièrement, par la situation de crise qui bouleverse l’état d’esprit de cette population assoiffée d’un nouvel air de paix, surtout en cette période des fêtes de fin d’année. Nous le savons tous, quoi qu’il soit trempé dans sa misère, il s’agit d’un peuple qui ne négocie pas ces moments de joie, de bonheur. Autant lui permettre alors d’en profiter sainement !

–  Qu’il me soit permis de rappeler que ce peuple de courage, qui vit déjà très longtemps dans l’attente cette vie meilleure, en a marre des agissements trop mesquins de ces principaux dirigeants qui refusent se mettre à la hauteur des responsabilités qui leur incombent. Depuis bien des temps, j’ai constaté que l’actualité en Haïti reste l’interminable crise politique orchestrée, à tort, par les différents acteurs sur la scène. Ces luttes pour le pouvoir ne font qu’affecter la borne marche de la société.

– En effet, dès sa montée au pouvoir, l’administration en place a fait face à une opposition qui lui mettait face à ses responsabilités, dont l’organisation à temps des élections pour le renouvellement des sénatoriales. Pour des raisons purement politiques, non pas dans l’intérêt de la population, ces dernières n’ont pas été tenues. Et depuis lors, c’est la pagaille. Le climat politique est pollué par des turbulences de toutes sortes. La méfiance des uns et des autres obstrue toute opportunité de sortie de crise.

–  D’un coté, le président de la République,  Michel J. Martelly, apparemment préoccupé, quant à la manière de procéder à la gestion de la crise, continue de consulter des acteurs sur la scène, même après avoir accepté les recommandations d’une commission présidentielle préalablement mise sur pied à cet effet. –          Alors que de l’autre coté se trouve une opposition à multiple têtes. Les modérés qui cherchent à faciliter le processus de dialogue avec le président_et les radicaux qui refusent systématiquement tout processus de dialogue, mais qui tiennent à l’occupation du béton, par l’organisation incessante de manifestations qui réclament, sans condition,la démission du chef de l’Etat. Voilà l’état de la situation !

Tous disent agir dans le strict intérêt de cette population. Mais vraisemblablement, personne ne semble connaitre ses véritables besoins, surtout en cette période de fin d’année caractérisée par la paix dans l’esprit et dans l’âme, le partage, l’amour. Aujourd’hui, moi, le « Père Noël », je sens plutôt meurtri par cette situation très tendue qui risque de tourmenter l’atmosphère festive que réclame normalement cette période. A cet effet, j’invite les acteurs concernés à observer une trêve à leurs chicanes politiques, leurs manifestations de rue pour permettre à cette population de s’organiser comme il se doit pour bien profiter du moment.

Au président de se mettre à la hauteur, en jouant la carte de la bonne volonté et de la sincère !

A l’opposition dite plurielle de faire le pas qu’il faut pour faciliter la résolution à la crise, dans l’intérêt de l’ensemble de la population !

A cette population de ne pas succomber aux jeux de manipulation des acteurs qui ne travaillent qu`à leur profit, puisqu’après tout, c’est encore et toujours elle qui en fait les frais !

En espérant que vous tiendrez compte de ma démarche, moi, Père Noël, je vous souhaite de passer une bonne période de fêtes de fin, dans la paix, la joie, le partage et l’amour !

Bien à vous !

Père Noël

Du haut de mon siège inconnu !

Worlgenson NOEL gensonoel@gmail.com

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Article : Si seulement la déclaration universelle des droits de l’homme était enseignée aux citoyens…
Société
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11 décembre 2014

Si seulement la déclaration universelle des droits de l’homme était enseignée aux citoyens…

crédit photo: vivelasixiemerepublique.wordpress.com-
crédit photo: vivelasixiemerepublique.wordpress.com-

Ce 10 décembre 2014 ramène au 66ème anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme. Elle comporte (30) trente articles adoptés et proclamés par les Nations Unies le 10 décembre 1948.

Si l’on se tient cette Déclaration, le droit de l’homme se présente comme une règle morale sociale que chacun peut exiger dans un Etat de droit. Les citoyens, peu importe leur statut, possèdent un ensemble de droits qui garantissent leur bien-être et leur fonctionnement dans la société. Hormis le fait qu’ils soient reconnus, selon l’article I, comme naissant libres et égaux en dignité et en droit, l’article 25 donne à ceux-ci le droit qui leur confère une situation de vie commode, pour eux-mêmes et leurs familles, beaucoup d’autres droits énoncés pourraient contribuer, s’ils étaient respectés, à l’émanation des sociétés justes et équilibrées. Tel n’est pas le cas ! Manque de volonté ? Question d’intérêts et d’enjeux des pays les plus puissants et dominants de la planète? Question d’éducation citoyenne ?

A l’heure actuelle, si l’on porte les regards sur la situation mondiale des droits de l’homme, il est clair qu’il sera mention d’une méconnaissance certaine de la plupart des citoyens. C’est le cas d’Haïti, comme pays adhérent et signataire de la charte de l’ONU, ou certainement celui d’autres pays du Sud. Les gens ne connaissent pas les principes qui ressortent ces droits. Ou du moins, les gouvernements qui se succèdent n’ont pas pensé à les enseigner aux citoyens, contrairement à la recommandation faite aux Etats membres de rendre accessible le texte dans les écoles et autres établissements d’enseignement. Faute de moyens ou de volonté politique ? Ou la non implication de l’Organisation à ce niveau ?

Crédit photo: www.destockplus.com
Crédit photo: www.destockplus.com

Soixante-six 66 ans après, il revient à l’ONU de dresser son bilan, en termes de travail réalisé par rapport à ce qu’elle s’était fixée, depuis 1948. Il est judicieux de questionner son niveau de satisfaction à cet effet. Peut-elle s’enorgueillir d avoir aidé tous les pays membres, sans distinction aucune, à aller vers l’avant sur le respect des droits de l’homme ? Si l’ONU s’était donnée pour mission de : défendre, faire prévaloir et protéger les droits de l’homme de chaque individu, il y a alors lieu de dire haut et fort qu’elle est censée la rater. L’échec est partant. Il suffit de porter particulièrement ses regards sur les situations auxquelles les pays du Sud, pays dits pauvres, confrontent. Les citoyens continuent de piaffer dans la misère bien qu’on leur reconnaisse le droit à un niveau de vie suffisant pour assurer leur bien-être et celui de leur famille, selon l’article 25 de la charte de l’ONU. Ils continuent de mourir de faim, alors que d’autres pays dansent dans l’abondance. Les inégalités sociales ne cessent de prévaloir, sous les yeux de l’Organisation des Nations Unies, qui ne n’unissent pas vraiment pour combattre les disparités sociales prédominant sur la planète.

Aujourd’hui, il est important que l’ONU revoie sa mission réelle, les portées de ces véritables stratégies pour, d’une part, aider les Etats membres à permettre aux citoyens de connaitre mieux leurs droits, et d’autre part, les faire respecter convenablement. C’est alors que l’on agira sur les questions de discriminations, de préjugés de toutes sortes dont sont victimes les citoyens, dans leur vie sociale et politique. Enfin, que ces Etats membres reconnaissent principalement que la violation de ces droits conduit et accroit cette pathologie qui ronge plusieurs pays de la planète : la pauvreté !

Worlgenson NOEL

gensonoel@gmail.com

 

 

 

 

 

 

 

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Article : La liberté de parole en Haïti, désormais une liberté fragile
Politique
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2 décembre 2014

La liberté de parole en Haïti, désormais une liberté fragile

Crédit photo: jamouli.com
Crédit photo: jamouli.com

Indéniablement, février 1986 a marqué la fin du régime dictatorial implanté en Haïti par les Duvalier Père et fils. Pendant l’ère du régime, la  notion de liberté de la parole a été  cloitrée. La peur s’installait dans toutes les fibres du corps social. Les « tontons macoutes » étaient censés avoir tout sous leur contrôle. La presse, malgré elle, fut muselée sous les regards fâcheux de ce régime. La notion d’« opinion publique » n’était pas de mise. La parole fut séquestrée.

La chute de Jean Claude Duvalier marque le début de l’ère dite démocratique en Haiti. Le temps  de la parole libre. Cette liberté enfin acquise a pris, au cours des ans, un essor considérable quasiment excessif, jusqu’à son inadéquation graduelle aux principes élémentaires intrinsèques à la démocratie. La tolérance des points de vue contraire, le respect de la vie privée des acteurs, précisément ce que l’on désigne comme « atteinte à la vie privée ». Mais, d’entrée de jeu, d’aucuns diraient qu’intégrer la vie politique implique automatiquement ou même inévitablement l’intrusion des regards sur sa vie privée. D’autres pourraient, à juste valeur, essayer d’en faire la démarcation. Moi, je pense que le fait de s’impliquer dans la vie politique ne donne droit à quiconque de salir gratuitement la réputation de l’autre. C’est pourquoi je suis d’accord d’avec la logique de sanction appliquée lorsqu’il s’agit de diffamer contre l’autre, pour détruire sa personnalité.

Dans tout Etat démocratique, l’on reconnait au citoyen le droit à l’information et celui à la liberté d’expression. Ces deux notions, tant dans leur portée politique que juridique, font toujours objets de grands débats contradictoires dans des sociétés. Les professionnels du droit, de la politique, ainsi que ceux de la presse, etc. pourraient  en dire davantage. Mais moi, je tourne mon regard d’observateur sur l’utilisation abusive du concept de « Liberté d’expression » dans mon pays. Et sans en faire trop d’extrapolation, je suis plutôt interpellé par le contexte actuel en Haïti.

En effet, à tort et à travers, j’entends souvent parler des gens.  Ils s’expriment, de leur droit de s’exprimer librement, sur des sujets divers relatifs au fonctionnement de la société. De fait, et sans conteste, les médias (presse parlée et écrite, les réseaux sociaux) en sont leurs canaux de (re)transmission. Mais, il est bien pertinent de se demander à quel prix l’expression libre de sa pensée peut-elle se limiter. L’espace public politique ouvert aux débats est censé donner, malheureusement, accès à tout le monde de déballer à la société leur niveau de compréhension et de mécompréhension de la pratique politique impliquant nécessairement la gestion de la cité, comme l’aurait dit Platon.  Cela dit, les acteurs supposés doués de raison intervenant dans la sphère publique doivent traiter de l’intérêt collectif, non des leurs.

Il est clair que, et c’est probablement le même constat dans d’autres société, sous l’égide de la notion de « liberté d’expression », reconnue comme un droit fondamental, des citoyens tendent à dénaturer et pétrifier le sens ce droit, dans des impertinences et des démesures émanant de la manière de l’exercer. Avoir la possibilité d’opiner sur ce qui se passe, sur une réalité quelconque, ne confère nullement le droit à personne de dire n’importe quoi, sur n’importe qui, n’importe comment, n’importe où et n’importe quand.

Autour de la scène politique

En Haïti, à longueur de journée, des acteurs politiques véhiculent des propos condescendants à l’endroit des uns et des autres. C’est écœurant de l’admettre, l’on assiste à des situations, des conjonctures où le discours politique des acteurs perd son essence orientée vers le progrès de la société, à la faveur d’une certaine forme de démagogie caractérisée par des vilipendassions réciproques. Tout le monde a son « petit agenda », ses « petits intérêts » à défendre, par tous les moyens. Même s’il faut dévaloriser et noyer le caractère de l’autre. La jungle politique !

Du gouvernement à des secteurs de l’opposition, les trivialités qui teintent leurs discours éclaboussent davantage l’image du pays. S’il ne s’agit pas d’un officiel du gouvernement qui utilise des propos indignes de sa fonction, à l’encontre de l’opposition, c’est à celle-ci de qualifier l’administration en place de toutes sortes de mots et de maux. Du même coup, il faut mentionner que, parfois, dès qu’une tentative d’impliquer  la justice est faite, certains acteurs crient à la persécution politique. Bien qu’il faut dire que l’appareil judiciaire est toujours soupçonné d’être l’instrument utilisé par le pouvoir pour impressionner les opposants.

Crédit photo: directinfo.webmanagercenter.com
Crédit photo: directinfo.webmanagercenter.com

Mais face aux allégations fleuves, les unes plus virulentes que d’autres (Corruption/ gaspillage/ etc.), d’aucuns pourraient se demander si l’on parle d’un pays gouverné par des gens dépourvus de sens de responsabilité, ou qui sont incompétents pour diriger l’administration publique.

De tout cela, le plus manifestement inconvenant, c’est le mutisme de l’ensemble de la société qui se complait à observer l’inaction des responsables d’Etat censés dépourvus de crédibilité eu égard aux pléthores d’accusations dont ils sont l’objet. Hormis certaines tentatives de « démentis », je n’ai la connaissance d’un procès déjà intenté contre les accusateurs identifiés et connus de tous. Ce qui renforce inévitablement la perception défavorable sur l’administration.

Les médias, l’homme politique et le simple citoyen

Il est indéniable que les médias représentent ce que beaucoup pourraient appeler « Miroirs à double face  » ou une « épée à double tranchant ». Cela étant, ils construisent des personnalités autant qu’ils les détruisent. Dans les émissions de libre tribune, les journalistes, les leaders d’opinion, exercent inévitablement un grand impact sur l’ensemble de l’auditoire, un public hétérogène. Autant qu’ils émettent leurs points de vue sur les sujets, autant qu’ils donnent accès aux gens qui écoutent les leurs. Et parfois, ils profitent, à tort, de glisser des propos qui portent atteintes à des personnalités de la sphère sociale et politique.

Trop souvent l’on oublie, parmi les droits fondamentaux d’un Etat démocratique, l’existence des droits à la réputation et à la vie privée de la personne. Cela dit, au-delà de leur vie politique, j’ignore l’existence d’une loi conférant le droit à un citoyen de détruire, rien que pour le plaisir de faire, l’image d’une personnalité publique. De fait, comme tout citoyen ou en tant qu’être humain, l’acteur politique a droit au respect de sa vie privée.  D’ailleurs, à mon avis, c’est l’une des choses qui amène à une certaine réticence de la part de beaucoup de gens à s’impliquer dans la sphère politique.

Aujourd’hui, il est important de considérer le niveau du débat dans l’espace politique. En ce sens, l’exigence doit être faite aux acteurs en vue de la rationalisation et la justesse dans leur prise de parole. Et pour leur part, les médias, tout en restant vigilants, doivent veiller à ce qu’ils ne servent pas, à tort, de caisse de résonnance pour des opinions qui intoxiquent et désarticulent la bonne marche de la société.

 

Worlgenson NOEL

gensonoel@gmail.com

Etudiant de l’Université d’Etat d’Haïti

 

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Article : Haiti: Petit cri d’alarme!
Culture et société
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23 novembre 2014

Haiti: Petit cri d’alarme!

Crédit photo: www.radiotelevisioncaraibes.com
Crédit photo: www.radiotelevisioncaraibes.com

Le peuple haïtien, dans sa formation sociale, ses pratiques de vie, laisse entrevoir des éléments caractéristiques qui sont symptomatiques d’une situation de crise globale sociétale. De plus en plus, la société s’achemine vers la décrépitude de ses valeurs d’antan. Des crises politiques qu’à des catastrophes naturelles, le pays en  fait les frais à tous les coups. La situation socio-économique est précaire. Les citoyens, préoccupés par l’assurance de la gestion de leur quotidien, accordent de moins en moins d’importance aux responsabilités qui leur incombent dans la manière de contribuer au progrès du pays. Nombreux sont ceux-là qui s’apitoient sur leur sort, au lieu de s’engager eux-mêmes. Et, le pays continue de s’accoster à la dérive. N’empêche qu’ au fonds,  ils continuent d’espérer.

Un peuple qui connait mal ses droits et ses devoirs qu’implique la notion de démocratie dans son essence, ne pourrait faire mieux que de se laisser diriger par des acteurs politiques populistes avérés cyniques et cupides, ou des amateuristes arrogants qui trépignent sur sa dignité. Certains diraient que « le peuple a les dirigeants qu’il mérite ». D’autres auraient déclaré qu’il s’agit d’un manque d’éducation. Et, l’ignorance est son prix. C’est pourquoi, au delà du fait que cela bouge mal, il continue de s’adonner à la culture de la résignation. Peu importe son état de pauvreté, le peuple n’exige que le strict minimum de ses dirigeants. La garantie de son quotidien. Malheureusement, nous en sommes toujours à ce stade.

Pendant que d’autres peuples s’organisent pour aller de l’avant, nous-autres, nous ne cessons pas de nous perdurer dans de vaines querelles, mésententes, luttes pour le pouvoir. Beaucoup trop de choses restent à faire, après plus de 210 ans d’Indépendance. Le peuple n’a pas cessé de danser sur son passé glorieux, de  s’y décerner un sentiment de fierté et de prestige, tout en pataugeant dans la misère. Injuste !

Aujourd’hui encore, nombreux sont les haïtiens qui nourrissent l’espoir de quitter le pays un jour, parce qu’ils pensent trouver mieux ailleurs. Les conditions de vie sont pitoyables. Le chômage gagne du terrain. Et, bien qu’ils soient de plus en plus déçus et frustrés, les gens se battent eux-mêmes pour sortir du trou. Le rituel ! Le sauve-qui-peut ! « Tant qu’il y a la vie, il y a de l’espoir » dirait-on !

En outre, l’accès à une éducation de qualité se fait encore désirer. Le taux d’analphabétisme demeure encore dans une dimension déplorable en ce plein 21ème siècle. Pourtant, c’est aussi et surtout l’histoire d’un peuple qui sait envoyer ses fils contribuer à la formation des citoyens d’autres pays, notamment des continents Américain et Africain, dans les années antérieures. La fuite des cerveaux haïtiens, occasionnée par le régime tortionnaire des Duvalier, a beaucoup coûté au pays. Si bien qu’à l’heure actuelle, la majorité des cadres, intellectuels haïtiens restent à l’extérieur, alors que le pays a besoin de ces compétences pour progresser. Inimaginable !

Mais à l’interne, Haïti regorge de potentialités dans tous ses recoins.De son mélange culturel hérité principalement des premiers habitants de l’Ile (Tainos, Arawak, Ciboneys), des noirs d’Afrique et de la colonisation  Européenne, l’haïtien est bourré de talents, d’imagination, mais souvent peu encadré. De la musique, la danse, la peinture, la cuisine au vodou constituant le folklore haïtien ; des mots, des proverbes enrichissant le créole comme langue maternelle du peuple, en passant par la langue française léguée par la colonisation, jusqu’à sa littérature, la diversité culturelle haïtienne fait répandre positivement son  image.

crédit photo: www.haiti.autrement.com
crédit photo:
www.haiti.autrement.com

En dépit de tous ces traits culturels exprimant la fierté d’Haïti, à l’autre bout de sa sphère sociale, les conditions de vie de la population,  n’ont pas vraiment changé. La situation est mal-en-point! Beaucoup d’efforts sont à faire. Il suffit de savoir comment s’y prendre, et remettre le pendule à l’heure. Le peuple a encore besoin de ses leaders, les authentiques, pour redonner le ton. Il faut une réorientation des choses dans le sens de ses véritables besoins. C’en est trop ! IL faut un nouveau leadership, des hommes et des femmes consciencieux et responsables. Ceux que nous avons connus, depuis la chute de la dictature des Duvalier, ont raté les opportunités qui leur ont été présentées pour amener le pays à bon port. Des élections se sont organisées. Beaucoup de candidats se sont présentés toujours avec de promesses fleuves. Des gouvernements se succèdent. La mesquinerie a primé. Les luttes pour le pouvoir, les chamailleries de toutes sortes ont triomphé. Et le peuple, dans sa naïveté et sa fragilité, en reste et demeure la principale victime. Le pays continue de traîner et tarder encore sur la voie du développement. L’attente d’un projet réel.

Le réveil s’est fait entendre. Plus que jamais, il est impératif que nous nous entendions sur les intérêts généraux de la nation. Sinon, nous risquerons de perdre pendant plus de temps encore la souveraineté nationale acquise depuis 1804, comme première République noire indépendante. D’ailleurs, la présence des forces onusiennes, au perpétuel renouvellement de mandat chaque année, dans le pays en est déjà la preuve. Les ingérences des éléments de l’internationale dans les affaires internes du pays, tant dans la politique que dans les autres domaines, témoignent de notre incapacité à nous diriger, comme nation libre.

La seule chose que semble garder encore ce peuple, c’est l’« espoir ». L’espoir qu’un vent nouveau va souffler,  que les choses vont changer. C’est pourquoi, nous lançons ce petit cri d’alarme ! Il faut un nouvel« ouf » ! Il faut sortir de ce piteux état auquel nous nous sommes attachés, depuis des lustres. C’est possible ! Il suffit de le vouloir, et de s’y engager convenablement.

L’alarme a véritablement sonné. L’espoir se fait trop attendre. La solution, c’est nous, Haïtiens et Haïtiennes. C’est l’unité nationale, au-delà des divergences de vue.

 Aimons Haiti! Aimons notre patrie!

Worlgenson NOEL

gensonoel@gmail.com

 

 

 

 

 

 

 

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Article : Quand le président Martelly s’est fait le mauvais messager
Dossiers
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10 novembre 2014

Quand le président Martelly s’est fait le mauvais messager

Crédit /photo: www.radiotelevisioncaraibes.com

Depuis des jours, ce qui fait écho en Haïti, c’est la fameuse interview accordée par le président Martelly sur TV5 monde. Tant dans la presse parlée et écrite que sur les réseaux sociaux, les avis divergent. Si pour certains, le président ne faisait que ternir l’image du pays à l’extérieur, pour d’autres, il s’est donné beaucoup pour sortir de cette atmosphère encombrante engendrée par ces journalistes qui ne faisaient point de cadeaux au premier mandataire de la Nation haïtienne.

J’ai beaucoup lu et entendu, à tort ou à raison, des commentaires des plus avisés jusqu’au simple citoyen de la rue sur la question. Mais il m’a fallu un peu de recul, pour comprendre la dimension de ces réactions. Suivant que les gens soient pour ou contre le gouvernement en place, leurs opinions prennent de différentes allures.

Appréciation générale

Le président de la République effectuait une tournée en Europe. Il a eu notamment à rendre hommage au Précurseur de l’Indépendance, Toussaint Louverture, à Fort de Joux, en France, où ce dernier fut emprisonné et décédé.

En effet, sur un plateau de trois journalistes vedettes dont Sophie Malibeaux, de Radio France Internationale, Philippe Dessain pour TV5 monde et Paulo Paranagua pour le quotidien Le Monde, l’interview annonçait beaucoup, pour un public de plus de 55 millions de téléspectateurs.

Il est important de remarquer que l’interview se réalisait à bâtons rompus. Cela dit, elle ne suivait pas une ligne méthodologique précise suivant laquelle les questions devraient être posées. D’ailleurs, à mon avis, c’est l’une des raisons pour laquelle le président Martelly a hésité face à des questions pour lesquelles il n’avait pas de réponses  à la hauteur des attentes . Je dois, en revanche, avouer que les journalistes, de mes yeux d’observateur, exprimaient une forme d’impertinence dans leur manière d’aborder le président. Je dirais même qu’à des moments précis, l’on pouvait croire qu’ils s’adressaient à un simple citoyen.

A plusieurs reprises, c’était évident, le président interrompu, ne pouvait  pas achever ses réponses. Les journalistes semblaient interpréter et tenter d’insinuer les dires du président. Une stratégie d’interview ? Bien qu’apparemment coincé, Michel Martelly a montré qu’il pouvait garder son calme. Ce qui pourrait ne pas être le cas s’il se faisait interviewer  par des journalistes nationaux. D’ailleurs, plus d’une fois, il tient à rappeler aux journalistes haïtiens qu’ils s’adressent au « Président de la République ». C’est l’homme. On le connaît.

Dans mes propos, je vous épargne des autres détails de l’interview. Mais je relate quelques déclarations tenues par le président qui n’ont pas fait honneur au peuple haïtien. Dans sa posture de Président de la République, Michel Martelly, en direct à la télévision, a rendu inconfortables beaucoup de citoyens.  La perception de l’être haïtien comme un mal être, à certains égards, à tort, risque de s’accroitre. Il n’a pas su faire preuve de prudence et d’intelligence dans ses propos à ce niveau. Sachant ce que vaut la force de la parole, je crois que le président aurait fait mieux d’épargner à la face du monde certains détails INUTILES.

crédit/photo: lenouvelliste.com
crédit/photo: lenouvelliste.com

L’interview/récapitulation et opinions

Tout au début, le président avait l’air à l’aise, comme s’il venait discuter avec des copains. D’ailleurs, cette trompeuse croyance lui a couté un accroc protocolaire, en commençant par « tutoyer » le journaliste qui lui a lancé la première  question relative aux situations « post séisme » du 12 janvier 2010 ayant nécessité de l’aide internationale.

A ce propos, Michel Martelly déclare avoir besoin de plus de « solidarité », d’idées, de projets, de capacité, au lieu d’argent pour reconstruire le pays. Selon lui, la mauvaise gestion de l’argent décaissé découle de la situation de mauvaise gouvernance en Haïti. C’est ce qui justifie qu’il veut proposer et faire développer une forme de partenariat avec d’autres structures.

–          Sur la question de l’aide proposée par l’internationale, le président pense que les haïtiens doivent sortir de cette dépendance. Ainsi prône-t-il  un changement de mentalité, une reconstruction de l’homme haïtien avant de parler de reconstruction du pays.

–          Face à la question de l’intrusion d’un ambassadeur sur la tenue des élections en Haïti, le président n’a pas su marquer le bon point. La réponse n’était pas à la hauteur d’un pays qui est appelé même de se gouverner. Si même pour réaliser des élections, les acteurs nationaux ont besoin de l’implication de l’internationale, c’est la preuve que nous prêtons le flanc à ceux qui doutaient encore que le pays était mis sous tutelle. La souveraineté de tout un peuple est refoulée. La démocratie est loin d’être à son piédestal. Nous avons un déficit de bonne gouvernance. La stabilité du pays dépend absolument des acteurs qui y vivent. Il leur revient le devoir de s’entendre pour garantir une vie stable pour leurs concitoyens, ainsi que ceux-là qui sont de passage dans le pays.

–          Quant aux manifestations de rue, le président semble minimiser le poids de ces gens qui expriment leurs désaccords avec son administration. Mais ce qui me retient l’attention, c’est le fait qu’il dit ignorer qu’il y ait eu des individus protestataires arrêtés par les forces de police, alors que cela faisait la une dans les journaux. En tant que président,  il se devrait de s’informer sur de tels événements susceptibles d’affecter l’image de son administration. Cela étant, avouer l’ignorer, c’est montrer qu’il perd le contrôle de ce qui se passe sous ses yeux.

–          En ce qui concerne la reconstruction du Palais National détruit pas le séisme de 2010, c’était loin d’être la priorité du président, bien qu’il reconnaisse son sens symbolique. L’urgence c’est « cette population » qui ne comprend même pas ce que c’est qu’ « une mise en quarantaine ». Rien que par cette phrase, le président expose déjà le niveau d’ignorance de tout un peuple dont il est le président. Si bien qu’il enchaine, sur le plateau de « INTERNATIONALES » avec ceci : « En Haïti, celui ou celle qui est malade, parfois, pense qu’il est mangé par le diable ». D’où la nécessité de l’éducation, en inculquant le sens de responsabilité et du civisme chez l’haïtien.

–          Alors qu’il se vante de son travail d’accès à l’éducation, il soutient du même coup que «…la qualité de l’éducation en Haïti est terrible ». D’où sa démarche au près du président Français, François Hollande, consistant a faire envoyer des professeurs, des enseignants retraités pour œuvrer dans ce secteur en Haïti.

–          Sur la condition des femmes qui vivaient sous les tentes, principalement sur les violences faites contre elles, et sur les cas d’avortement, Monsieur Martelly a encore glissé une déclaration de trop.  Au delà du fait qu’il existe une loi qui interdit l’avortement, c’est une question de choix, pour lui. Il est pour la vie, même si la personne violée qui veut avorter peut choisir de le faire. Mais ce n’était pas nécessaire de relater que : « Certains parents acceptent que leur fille de 16 ans couchent  avec un soldat onusien pour de l’argent ».

Pour moi, ces déclarations étaient de trop. Elles n’avaient pas leur place. D’ailleurs, cela ne faisait nullement parti des interrogations des journalistes.  Donc, de plein gré, Michel Martelly apporte le message qu’il ne fallait pas à la surface de la planète, en mettant à nu les dessous d’une certaine tendance populaire due à un problème de formation, imputant à ses responsabilités.

En ce sens, Je pense que par cela, le président Martelly  se faisait mauvais porteur d’un message dont il n’a pas eu la charge, surtout dans son costume de Président de la République. Ces images ne font que renforcer davantage la mauvaise presse dont le pays faisait l’objet bien avant.  D’ailleurs, dès le début de son mandat, le chef de l’Etat avaient dénoncé et indexé des membres de la presse (précisément) qui auraient envoyé des signaux négatifs dans l’internationale, en tenant des discours malencontreux à l’égard du pays.

Il n’est nullement question, suivant mon approche de chercher à cacher, ce qui est déjà impossible, l’état de la situation en Haïti. Le monde est un village. Tous les regards s’entrecroisent sur ce qui se passe de part et d’autre. N’empêche qu’il existe, dans les recoins de chaque société des éléments qui ne sont pas supposés d’être exposés à tort et à travers. Cela dit, le président aurait dû faire économie de certaines choses, en se focalisant sur des éléments susceptibles de vendre au mieux l’image d’une nation qui, bien que souffrante, attendait mieux de son Président.

Worlgenson NOEL

gensonoel@gmail.com

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Article : Haïti/Santé : Et si Ebola frapperait à nos portes?
santé et société
0
2 novembre 2014

Haïti/Santé : Et si Ebola frapperait à nos portes?

Credit-photo: consulfrance-lecap.org
Crédit-photo: consulfrance-lecap.org

Indéniablement, l’une des plus grandes inquiétudes qui planent dans l’esprit des millions de gens sur la planète, c’est Ebola. Ce virus dévastateur ou mangeur d’hommes et de femmes sème la terreur sur son passage. De l’Afrique Centrale, en passant par l’Afrique de l’ouest jusqu’à pouvoir atteindre l’Amérique (avec cas repéré aux USA), Ebola n’a pas cessé de faire monter la barre des victimes. Panique totale. L’OMS a déjà recensé plus de 9216 cas, et plus de 4500 individus partis pour l’au-delà, en une courte période.

Plusieurs pays du monde se sont mobilisés en essayant de prendre des mesures jugées valoir le coût. Si les pays riches ne sont pas trop à l’abri, les pays pauvres ne le sont encore moins. C’est le cas de notre pays, Haïti. C’est un fait. Haïti n’est pas à la hauteur de ce qui adviendrait si l’Ebola déciderait de venir frapper à ses portes. Le pays ne serait pas à même de répliquer convenablement. Pour cause, la défaillance du système sanitaire.

Lors d’une conférence organisée à la Faculté des Sciences Humaines (Université d’Etat d’Haïti) ce vendredi 31 octobre 2014,  le docteur  Félix Junot a souligné qu’« il y a raison de s’alarmer, compte tenu de la situation en Haïti ». Le personnel de santé n’est pas en mesure d’intervenir de manière appropriée. Problème d’infrastructure. Le pays ne s’y était pas préparé. Ce n’était pas prévisible.

Toutefois, il faut reconnaitre que le gouvernement, préoccupé par la question, a mis sur pied ce que la ministre de la santé et de la population, Madame Florence DUPERVAL GUILLAUME, aurait appelé « un plan riposte » à trois phases. (https://lenouvelliste.com/lenouvelliste/article/137010/Ebola-Le-gouvernement-haitien-a-deja-son-plan-de-riposte.html )

Cela concerne, d’abord, l’institution d’un comité dont l’ensemble est formé des ministres du gouvernement haïtien, des responsables de la Police nationale d’Haïti (PNH) et des partenaires internationaux pour contrôler le développement de l’épidémie. Ensuite, une demande a été faite aux agents des ONG et de la MINUSTAH (Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti)  de suspendre toute rotation de leurs membres dans des pays où des cas avérés de fièvre hémorragique à virus Ébola. Et des mesures allaient être prisespour assister les personnels des aéroports à l’aide de formations spécifiques sur les précautions à prendre face à des personnes susceptibles d’être contaminées par ce virus. Enfin, des dispositifs seraient pris en vue d’informer la population au travers des « écrans géants » qui seront placés à l’aéroport avec des spots publicitaires sur le virus.

Par cela, le gouvernement veut montrer sa bonne volonté, dans la manière de gérer la situation. Mais c’est un secret de polichinelle, les ressources manquent en Haïti. N’empêche que ces mes mesures peuvent péremptoirement atténuer l’atmosphère de panique dans la population.

A ce propos, la seule manière d’anticiper son apparition c’est de prendre des mesures qui conviennent. D’où le sens des propositions du docteur Felix, professeur d’université, impliquant nécessairement la participation de la collectivité. Il faut, non seulement penser à la formation des agents sanitaires, devant être placé dans les ports, aéroports, notamment, mais aussi dans les autres espaces sanitaires des différentes régions du pays. Les responsables doivent, d’une part, penser à mobiliser et sensibiliser le personnel de la santé sur le virus, lui-même, particulièrement, d’autre part, à éduquer tout l’ensemble de la population. Une sensibilisation massive. Et, pour finir, les autorités doivent déterminer un fonds spécial d’urgence, comme le recommande le docteur Felix, émanant strictement d’haïtiens d’ici et d’ailleurs.

Worlgenson NOEL

gensonoel@gmail.com

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Article : Dites-moi quelle langue vous parlez en Haïti, je vous dirai qui vous êtes !
Culture et société
4
30 octobre 2014

Dites-moi quelle langue vous parlez en Haïti, je vous dirai qui vous êtes !

journee internationale du creole
Crédit photo: Cybercartes.com

Ce 28 octobre 2014 a marqué la journée internationale de la langue et la culture créole. C’était l’occasion pour plusieurs pays créolophones de mettre en valeur leurs cultures et surtout de promouvoir la richesse du créole comme outil d’expression. Mais en Haïti, c’est aussi et surtout l’occasion de poser la problématique qui découle de la question de la langue. En effet, à l’instar des problèmes de couleur, la langue peut être considérée comme un des facteurs qui handicapent le progrès du pays. Les discriminations et les préjugés qui y sont de mise continuent d’écarteler et de fragiliser les différents tissus sociaux.

Jusqu’à présent, en Haïti, la question de la langue reste et demeure dichotomique. Depuis 1987, la Constitution du pays a consacré le créole et le français comme langues officielles. Cela dit, l’Haïtien est à même de pouvoir s’exprimer librement dans n’importe laquelle des deux. Pourtant, dans le tréfonds de la société, il existe une lutte constante entre les deux langues, quant à leur positionnement. En ce sens, la langue cesse d’être un outil d’expression, ou de communication, mais devient un espace qui permet de se situer dans la société. Aussi paradoxale que cela puisse paraître, suivant que l’on parle le français ou le créole, la société dégage une conception de sa personne. Si d’une part, parler le français réfère à une certaine possession de savoir, c’est la langue savante ; d’autre part, s’exprimer en créole indique, quasi nécessairement, un certain niveau d’analphabétisme. C’est la langue des sots.

Bien qu’il soit parlé et utilisé par la majorité de la population,  le créole est souvent l’objet de toutes sortes de préjugés et de discriminations dans des espaces publics ou privés. Suivant que l’on utilise le français ou le créole dans ces espaces, l’on aura droit à une certaine qualité de service.

Cette réalité place la société sur une pente fragilisant davantage ses différentes couches. Les espaces de socialisation, depuis la base, mettent le cap sur l’apprentissage en français. Tant à la maison qu’à l’école, l’on apprend aux plus jeunes à s’exprimer dans cette langue, au détriment de l’autre. Nos leçons et nos devoirs sont rédigés en français.  Nous pouvons nous souvenir encore, à une certaine époque de notre enfance, nos enseignants nous demandaient de nous exprimer (en nous faisant injonction) rien qu’en français dans les classes ou  la cour de récréation. Sinon, nous risquions d’en subir une peine. Et la fameuse expression « exprime-toi », chaque fois que l’on parlait en créole à un camarade ou un proche nous reste encore à l’esprit. Comme si l’on ne pouvait que s’exprimer en français. Drôle !  Mais, c’est le système.

Jusqu’à date, la grande partie des ouvrages utilisés dans l’enseignement classique ou supérieur sont écrits en français,  peu importe le niveau d’adaptation des apprenants. Aucune valorisation du créole. Ce dernier, c’est pour les gens de la rue qui ne connaissent pas le chemin de l’école.

En revanche, il faut quand même souligner que, depuis un certain temps, plusieurs acteurs ont réalisé des efforts considérables sur la valorisation de la langue. Tant dans la littérature contemporaine qu’au niveau des médias, nombreuses sont des réalisations qui sont faites en créole, aussi faut-il faire remarquer qu’il existe des travaux scientifiques à l’université effectués dans la langue.

Par ailleurs, depuis des jours, l’on évoque la mise sur pied d’une académie créole. Cette dernière qui tachera de donner un niveau standard à l’utilisation de la langue dans la société, le cas échéant, dans le monde créolophone. L’installation des académiciens était prévue pour la journée de 28 octobre, selon ce qu’avait confirmé à Alter presse, Fritz Deshommes, vice- recteur de l’université d’Etat d’Haïti (www.alterpresse.org/spip.php?atricle16705#.vff4U0Zxzfo). Mais elle a été avortée et certainement renvoyée. Aucune déclaration officielle n’a été faite sur la question.

Toutefois, pour certains, instaurer une académie créole ne permettra pas de résoudre les difficultés que rencontre cette langue. Son utilisation, son adaptation dépendent exclusivement des différentes entités sociales dont l’ancrage se trouve dans la langue. D’autres pensent, au contraire, que l’académie peut donner au créole un niveau standard, en fixant les règles s’alignant à son utilisation.

Worlgenson NOEL

gensonoel@gmail.com

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Article : Soirée d’excellence en l’honneur des 10 lauréats nationaux en bac II, le GEP donne le ton
Société
0
25 octobre 2014

Soirée d’excellence en l’honneur des 10 lauréats nationaux en bac II, le GEP donne le ton

Crédit photo: Skarson Bapiste
Crédit photo: Skarson Bapiste

En Haïti, savoir encourager l’excellence reste un défi. Toutes les régions du pays sont regorgées de jeunes talentueux. Ils excellent dans divers domaines. Mais faute d’encadrement et d’encouragement, ils restent dans leurs coquilles, à l’insu de tout le monde. Les efforts qu’ils consentent, la plupart du temps, sont tués dans l’œuf. Ils n’ont pas moyens de s’ouvrir sur le reste du monde. Cette culture nous manque en Haïti. L’Etat et le secteur privé s’impliquent rarement.

La toute nouvelle organisation créée en juillet 2014, le Groupe Excellence Plus a décidé de faire autrement. Il  donne le ton. Le GEP, dirigé par le journaliste, l’entrepreneur Valéry NUMA, en accord à d’autres personnalités de la place, vise la promotion et la récompense des valeurs et des efforts. Une initiative que j’encourage vivement. En tenant compte de la réalité du pays, les difficultés socio-économiques auxquelles il confronte, je pense qu’il faut féliciter, au-delà de tout, l’idée de l’initiative. Réussir exige beaucoup en Haïti.

Pour sa première lancée, le GEP a jugé bon de présenter à la société des lauréats nationaux, ayant participé aux examens d’Etat de cette année. Ainsi a-t-il organisé une soirée en leur honneur, ce jeudi 23 octobre, à l’hôtel Royal Oasis.

En tant que jeune,  j’ai eu le plaisir d’assister et de participer à la soirée dénommée « soirée d’excellence » organisée par le Groupe d’Excellence Plus (GEP) en l’honneur des 10 lauréats nationaux en bac II de l’année académique 2013-214. Chacun d’eux a reçu des primes, des cadeaux, une médaille d’excellence.

Dans l’assistance, des acteurs politiques et de la société civile se faisaient remarquer. Sous l’invitation du GEP, ils étaient venus supporter l’initiative , une grande première en Haïti. Je me permets de citer : le président de l’assemblée nationale, le sénateur Dieuseul Simon Desras, le leader du parti politique KID, Evans Paul, l’ex-ministre de la condition féminine, Marie Laurence J. Lassègue, un juge  de la cours supérieure des comptes et des contentieux administratifs, Arold Elie, le responsable de Pincon S.A., Gaël Pincon, etc. Tous, à leur manière, ont contribué à la beauté de cette activité, en encourageant ces jeunes à aller de l’avant.

D’entrée de jeu et curieusement, je n’avais pas remarqué, et personne ne l’avait non plus signalé, la présence du ministre de l’éducation nationale, Nesmy Manigat, ou de n’importe quel autre  cadre du ministère. Tenant compte de toute la propagande faite autour du travail effectué par le gouvernement dans le secteur de l’éducation, une initiative du genre  pourrait  être soutenue à fond par le ministère. Je ne connais pas  l’explication y relative.  Je ne fais que noter.

A mon avis, cette « soirée d’excellence » représente une certaine motivation pour d’autres jeunes qui brillent dans l’ombre, et n’ont pas eu la chance monter le pivot, faute d’encadrement ou d’accompagnement. Je crois que la société doit supporter ces genres d’initiative, pour avoir en réserve de la République plus de ressources humaines qui peuvent servir au progrès du pays.

Membres du GEP
Crédit photo: Skarson Baptiste

 

 

 

Worlgenson NOEL

gensonoel@gmail.com

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