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REGARDS SUR LE MONDE
Article : Haiti -17 octobre : entre manifestation de l’opposition et festivités du gouvernement
Politique
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18 octobre 2014

Haiti -17 octobre : entre manifestation de l’opposition et festivités du gouvernement

A Port-au-Prince, chacun à sa manière, l’opposition ou le gouvernement, a commémoré l’assassinat du fondateur de la nation. Si d’un coté, à la piste de l’aviation, le gouvernement  fait la fête, de la propagande,  d’un autre coté, l’opposition fait les frais des agissements de la PNH, pendant  sa manifestation dans les rues de la capitale.

haiti -17-octobre -entre-manifestation-de opposition-et -festivités -du-gouvernement
Jean Daniel SENAT

Deux activités totalement parallèles dans la capitale. Dans le camp du gouvernement, le plaisir, la bamboche, la propagande sont les éléments qui ont caractérisé la manière de commémorer le 208ème anniversaire de l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines. Des groupes musicaux sont invités à animer la foule. Alors que, la manifestation des partis politiques de l’opposition a été dispersée par la police nationale d’Haïti. Cela dit, frustrations, mécontentement et colère les embrasaient.

Ce 17 octobre, comme prévu, le mouvement patriotique de l’opposition démocratique (MOPOD), a organisé une manifestation anti-gouvernementale à Port-au-Prince. Des manifestants mécontents, frustrés, en colère, réclament le départ du président de la République. Si leur objectif était d’arriver jusqu’à Pétion-ville, la PNH, sous ses gardes, et bien qu’elle ait été mise au courant du parcours de la manif, a mis de l’eau au moulin de ceux-ci. Elle a utilisé la force. Des lancements de gaz lacrymogènes, de tirs d’armes à feu. Il fallait tout faire pour casser le feu du mouvement.

La situation était très tendue. Les manifestants se dispersaient. Beaucoup de victimes. Le bilan est néfaste. Même des journalistes, identifiés comme tels, n’étaient pas épargnés. Dans l’exercice de leur métier, ils ont été (volontairement) ciblés par les policiers. Ils étaient dans une voiture, « Pick up », identifiée comme appartenant à la presse, quand les policiers leur ont injecté de l’eau acidulée(Dlo grate). Plusieurs ont été vite amenés à l’hôpital, selon un journaliste qui intervenait sur une station de radio de la capitale. Une attaque de plus à l’endroit de la presse en Haïti.

Le parcours de la manif était clairement défini et notifié, selon les organisateurs. Mais les autorités policières ont décidé autrement. Pour sa part, l’opposant farouche du pouvoir, le Sénateur Moise Jean Charles a été victime de gaz lacrymogène. Il aurait été évanoui. Il dénonce le comportement brutal de la police nationale d’Haïti (PHN). Moise Jean Charles, qui n’a pas cessé de dénoncer les dérives du régime, appelle à la mobilisation  populaire continue contre l’administration en place et contre la MINUSTAH. Malgré sa détermination pour conduire les manifestants à destination (Pétion Ville), mais contre sa volonté, la réalité ne s’y prêtait pas. Peine perdue, dit-on !

Du même coup, les manifestants exigent  le départ de la mission des nations unies pour la stabilisation en Haïti accusée d’avoir infligé des malheurs dans le pays, notamment pour avoir introduit le « Choléra » dans le pays ayant déjà occasionné beaucoup de pertes en vie humaine. Les soldats de la  MINUSTAH ont foulé le sol national depuis 2004, sous le gouvernement provisoire de Gérard Latortue. Et depuis, chaque année consécutive, son mandat, pour une durée d’un an, n’a cessé d’être renouvelé. Encore bien une preuve de la faiblesse de nos acteurs politiques à s’entendre pour tenir les rennes du pays.

En guise de rappel, depuis la veille, le 16 octobre, le ministre de la justice et de la sécurité publique, Jean Renel Sanon, avait déjà donné un avertissement aux manifestants en cas d’éventuels comportements qui risquent de troubler à l’ordre public. Dans son message divulgué dans la presse, le ministre a laissé comprendre que des mesures seront prises contre les fauteurs de trouble. Et la police avait reçu l’ordre de prendre toutes les dispositions afin d’établir l’ordre et la paix.

Si le jour de la célébration de l’assassinat de l’empereur n’a pas servi d’opportunité à un « chita pale », une entente sur les intérêts de la nation, il y a lieu de nous questionner sur nos véritables motivations quand à l’avenir de notre pays. Même pas une trêve autour de la mort de l’Empereur!

Worlgenson NOEL

gensonoel@gmail.com

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Article : Haïti –Duvalier : Son âme, reposera-t-elle en paix après sa mort ?
Dossiers
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12 octobre 2014

Haïti –Duvalier : Son âme, reposera-t-elle en paix après sa mort ?

haïti-duvalier-son-âme-reposera-t-elle-en-paix-après sa-mort « Que son âme repose en paix ! » ou « Paix à son âme ! » Voila l’expression populaire, un rituel dont se servent les gens pour rendre un dernier hommage à leurs proches, amis, parents, etc.

C’en est devenu une routine. L’expression est utilisée, à tort et à travers, pour toutes catégories de personnes. Petits ou grands, riches ou pauvres, noirs ou blancs, quoi que vous soyez, vous semblez avoir droit à une « Paix à son âme ! ». Mais, il nous importe d’aller au-delà de son usage vulgaire, pour déceler l’effet que cela incombe si l’utilisation a été faite avec noblesse et méritocratie.

En ce sens, nous pouvons nous demander si le fait de pouvoir formuler le même souhait à n’importe qui ne dénature pas le sens pur de cette expression. Hormis toutes les considérations bibliques sur la question. Simple logique. Comment est-ce que l’âme d’une personne témoin et acteur des crimes commis sur des milliers d’individus comme lui, peut-elle se reposer en paix ? La même question peut être de mise pour l’ancien dictateur Duvalier décédé à suite d’un arrêt cardiaque.

La nouvelle de son décès est survenue brusquement le samedi 04 octobre, dans la matinée. Et depuis, le tollé suscité autour de la manière de lui faire les derniers adieux n’avait cessé de s’amplifier. (A lire : /2014/10/08/haiti-duvalier-les-funerailles-defraient-chronique/). Les pressions ont été fortes. Le gouvernement a joué à la prudence. Finalement, la décision est tombée : « Pas de funérailles nationales ou officielles pour Duvalier ». Que sa famille, ses amis et ses proches puissent s’organiser à ce propos.

Ce samedi 11 octobre 2014, à l’institution Saint Louis de Gonzague, ont été remarqués des membres de sa famille, des amis, des sympathisants. Seulement deux anciens présidents ont été aperçus : l’ancien général Prosper Avril et l’ex président provisoire Boniface Alexandre. Ses funérailles n’ont pas fait écho au sein de la société. On n’en parle peu. L’exécutif n’a pas été officiellement représenté. Michel Martelly et Laurent Lamothe ont brillé par leur absence. Baby doc, le prince dictateur –passionné de moto, d’alcool et de bolides et des belles plages – serait nostalgique de se voir traiter de cette manière. Si seulement il pouvait assister à cela, il devrait se sentir humilié, dédaigné et réduit.

Et s’il vivrait une autre vie après la mort…. !

(Que c’est drôle, par-dessus tout !)  

Si pour certains, après la mort, c’est le néant, pour d’autres il n’en est nullement question. Il existe une autre vie après la mort. Laquelle ? Nous l’ignorons forcément ! Mais supposons que c’est bien le cas, Duvalier la connaitra probablement. Aussi, disons drôlement, que lui et  les autres victimes disparues sur son régime se croiseront les regards. Des questions lui seront posées. Des réponses leur seront données. De toute manière, il rendra compte. Donc, jusque là, son âme risque de vivre dans le tourment continu.

L’ex dictateur, qui était déjà dans le collimateur de la justice, est passé de la vie au trépas. Les conditions de sa mort n’ont pas vraiment tenues les gens à cœur. C’est censé être passé comme une lettre à la poste. Au-delà de toute attente, sans rendre compte à personne, il n’a pas étanché la soif des gens. D’ailleurs, Magalie Comeau Denis rappelle qu’il s’agit d’un « homme qui n’a rien appris-ou a bien appris-de ses vingt-cinq ans en terre de « vieille démocratie » qui s’est adressé avec arrogance à la « jeunesse de mon pays ». (Pour lui, pour elles et pour eux, pour nos enfants,  In Le prix du jean-Claudisme).

Les frustrations sont toujours à fleurs de peau. Les victimes n’ont pas encore trouvé justice. Un procès a été enclenché. Le chemin était long. Et zut, surgit la mort ! Le prince déchu, depuis février 1986, réduit à sa plus petite expression. Il devrait se souvenir de l’époque à laquelle il faisait la pluie et le beau temps, où il  se la coulait douce.

Le « Baby dictateur », dès son retour en Haïti en janvier 2011, jusqu’à sa mort, en octobre 2014, a raté l’occasion d’atténuer les griefs qu’avaient les victimes de son régime, en demandant « pardon » au peuple haïtien, notamment à celles-ci. Bien que cela n’aurait enlevé en rien, les séquelles indélébiles des actes tyranniques les plus acérés et acerbes perpétrés sur le sol haïtien. Leurs morbides agissements envers des citoyens de la République, à cette époque-là, continuent de raviver de mauvais souvenirs chez les victimes, les martyrs de la démocratie. Cela dit, il est parti sans avoir reçu, ne serait ce que légèrement, l’indulgence du peuple meurtri dans son âme, qui se rappelle encore de ce pan horrible de leur évolution.

Sans embarras, à sa sortie au tribunal, il a lancé d’une voix inquisitrice : « Qu’avez-vous fait de mon pays ? ». Par là, selon il critiquait les générations d’hommes et de femmes qui ont tenu les rênes du pays après lui.

Le sens de l’histoire…

Le petit Duvalier à muri au palais, 14 ans au pouvoir, mais il se révélait surtout un excellent disciple de Papa doc, l’impitoyable dictateur. « Baby doc » à bel et bien suivi les empreintes macabres de « papa doc », qui de son vivant, avait déjà instauré la machine répressive qui consistait à tétaniser toute une population, en lui privant de sa liberté d’expression. Les « siviyè-rapote » (surveillants et rapporteurs) du régime étaient partout ! Personne ne sait qui surveille qui ! N’importe qui pouvait être un espion du régime. L’on raconte même que des cireurs de bottes pouvaient être des attachés du régime surveillant et identifiant les détracteurs soupçonnés du régime.

Le traumatisme hantait  l’esprit de toute une population. La loi silence était de mise. Les sbires du régime dominaient et occupaient toutes les espaces. Pour trois fois rien, le citoyen était passible de se faire exécuter, torturer, emprisonner.

C’était l’air du bâillonnement de la presse. Nombreux sont des journalistes qui ont été disparus et exécutés. Le journaliste Marvel Dandin parle des « moments où la censure régnait en maitre et où la pensée libre était suspecte et poursuivie jusque dans ses derniers retranchements.» (Son texte titré : 28 novembre 1980 : le dernier tango du « Prince » in Le prix du Jean-Claudisme).

Le climat était délétère. Des jeunes intellectuels, universitaires, professeurs, médecins, agronomes… de ce pays étaient ciblés. Ils fuyaient le pays sous la pression de la machine infernale. L’exil volontaire ou forcé. C’était la fuite de cerveau. La machine d’enfer broyait tout le monde sur son passage.

Tristement, le régime avait infligé une certaine torture mentale dans les familles de cette période. Pères et mères et enfants ont assisté à de graves exactions des sbires de l’époque. Il s’ensuit pour Magali Comeau Denis, « le système de terreur distillait la peur, allant jusqu’à déshumaniser tout un peuple ». Elle souligne que des obligations ont été  faites aux directeurs d’écoles et aux instituteurs d’amener leurs élèves en uniforme, des enfants, voir des scènes d’exactions ou exécutions faites sur des opposant du régime, au grand cimetière de Port-au-Prince. Horrible ! Imaginez le traumatisme que cela engendre !

Que l’on se souvienne encore, le 28 novembre 1985, dans la cité de l’indépendance, Gonaïves, trois jeunes écoliers ont été abattus lâchement par des sanguinaires du régime. La douleur que ses tontons macoutes ont laissée chez leurs parents, leurs amis a perduré.

Certes, la génération à laquelle nous appartenons,  celle de l’après la chute des Duvalier, n’a pas vécu le régime, mais elle est victime du lourd héritage qui lui a été légué (e). Un pays dévasté, une nation divisée.

Aujourd’hui encore, les souffrances se resurgissent chez les victimes. Juger et condamner l’homme, l’ex dictateur, auraient atténué les douleurs. Maintenant qu’il n’est plus, le vide reste. Mais à qui profite sa mort ? A qui les victimes vont-elles demander des comptes ?

Quand il regardera derrière lui, même après sa mort, qu’il se rendra compte que le peuple ne lui a pleuré sa mort, il comprendra qu’il lui était préférable de quémander sa bonne grâce, s’apitoyer son indulgence, de son vivant. Si le « baby dictateur » n’avait fait preuve de remords de son vivant, on ne peut pas espérer qu’il le fera après sa mort. Aura -t-il retrouvé la paix, quand il se rendra compte des nombreux torts qu’il a causés, du mal qu’il avait fait à la jeunesse de ce pays.

Ouvrage cité :

Buteau Pierre et Trouillot Lyonel, Le Prix du Jean-Claudisme. Arbitraire, parodie, désocialisation. Port-au-Prince : C3 éditions,2013.

Avec la contribution de plusieurs auteurs.

Worlgenson NOEL

Etudiant en Sciences Humaines et Sociales

Université D’Etat d’Haïti

gensonoel@gmail.com

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Article : Haiti-Duvalier : les funérailles qui défraient la chronique…
Dossiers
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8 octobre 2014

Haiti-Duvalier : les funérailles qui défraient la chronique…

haiti-duvalier-les funerailles qui defraient-la- chronique

Moins d’une semaine après son décès, survenu le 4 octobre dernier, la dépouille de Baby Doc –figure emblématique de la continuité d’un régime tortionnaire instauré par la dynastie Duvalier et ses acolytes – continue de susciter des débats dans la société haïtienne, sur la cérémonie d’inhumation. Tout a commencé samedi dernier, lors d’un tweet du président de la république qui s’est dit attristé de la disparition d’un fils « authentique » du pays. Michel Martelly, qui n’a jamais dissimulé son allégeance au régime Duvaliériste, ne saurait négliger de rendre un dernier hommage à celui qu’il n’a cessé de réserver une place dans plusieurs cérémonies officielles.  Offusquées, plusieurs victimes du régime, qui ont intenté une action en justice contre le « bébé dictateur »,  qualifient la réaction du président de la République comme une insulte à la mémoire et à la dignité des disparus, et des martyrs de la dictature.

Les opinions divergent, quant à la manière de faire les derniers adieux au pauvre défunt. A date, personne n’a avancé un texte de loi, traitant de la nature des funérailles d’un ancien chef de l’Etat. Pour l’heure, Jean Claude Duvalier est considéré comme un « défunt officiel », puisqu’à l’entrée du salon funéraire ou repose son cadavre, en attendant son inhumation, des agents spécialisés de la PNH montent la garde, nous a confié un journaliste. Jamais, pour autant que nous sachions, autant de tumultes, de susurres et de réticences n’avait été manifestées autour de la mort d’un homme, un ancien chef d’Etat. La population est perplexe. La même question se pose: Mérite-t-il des funérailles officielles ou nationales ?

Si pour certains, notamment des proches de l’ancien régime, il s’agit d’un ancien président devant être traité avec la dignité que cela exige, d’autres estiment que l’ancien dictateur ne mérite pas les honneurs de la nation.  En effet, dans une conférence de presse organisée ce mardi 07 octobre à la capitale, l’actuel secrétaire d’Etat des affaires étrangères,  Henry Robert Sterling, ancien officiel (ambassadeur) du régime, exige que des funérailles nationales soient organisées en faveur de l’ex-président Duvalier. Pour lui, comme tout autre président qui a servi son pays, J C Duvalier a droit à une cérémonie officielle. Appuyé par Jeantel Joseph, du Consortium des partis politiques, qui, lui, affirme, comme pour…..que «Tout le monde est coupable ». Les victimes y compris, bien évidemment.

Pour sa part, l’actuel vice-président du Sénat Haïtien, Andris Riché, demande au président de ne pas organiser des funérailles nationales en faveur de l’ex-dictateur Baby doc. Comme ancienne victime de son régime de terreur, le sénateur propose qu’une cérémonie semi-officielle soit quand même organisée en sa faveur, pour avoir quant même été à la tête de ce pays, comme président-qualifié d’usurpateur. Et en signe de repsect pour les institutions de la République. « Il ne saurait avoir des funérailles nationales », a-t-il renchéri. Et de son coté, Ansyto Félix, du Fanmi-Lavalas, se démarque de toute idée de tenir des funérailles officielles en l’honneur de Duvalier. Il pense qu’une telle situation représenterait une autre  forme de supplice infligée aux victimes dont ils entendent, tous, supporter au sein du parti Fanmi Lavalas.

Et dans un communiqué, repris par Alter Presse, sur son site, le Comité contre l’impunité et pour la justice en Haïti (CCIPJH) exprime son « indignation d’apprendre que le gouvernement haïtien compte faire des funérailles nationales à un dictateur, non élu, inculpé de crimes contre l’humanité et de détournements de fonds publics, ce qui est une gifle de plus pour les centaines de victimes vivantes ou mortes de son régime et pour le peuple haïtien tout entier ».

Toujours est-il que, trois jours après sa mort, tout le monde est dans l’expectative. Quelle sera la décision officielle ? Tous les yeux sont rivés sur le gouvernement, le président Martelly doit décider. Mais, en dépit du fait qu’il soit de la même source idéologique du régime, il doit éviter de prendre une décision qui suscitera davantage des frustrations au sein de la société, notamment chez les principales victimes de l’ancien régime.

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Article : Jean Claude Duvalier, le baby dictateur est décédé, comment va-t-on lui rendre hommage ?
Dossiers
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4 octobre 2014

Jean Claude Duvalier, le baby dictateur est décédé, comment va-t-on lui rendre hommage ?

L’ex président Jean-Claude Duvalier est décédé ce samedi 04 octobre 2014, suite à un arrêt cardiaque. La nouvelle est diffusée ce matin sur les ondes de certains médias de la capitale, ainsi que les réseaux sociaux. C’est arrivé chez lui.  La confirmation a été faite par le Ministre de la santé publique, Florence Guillaume Duperval, qui informe avoir été mise au courant de la détérioration de la santé de Baby Doc.  Mais pas jean-claude-duvalier-decede-comment va-t-on-lui rendre hommagegrand-chose ne pouvait être fait. C’est arrivé très vite.

Né en juillet 1951, il  est mort à l’âge de 63 ans, Jean Claude Duvalier vient de laisser des dossiers de justice qui lui reprochent sa mauvaise gestion de son administration des affaires de l’Etat. Il a aussi quitté derrière lui de nombreuses victimes de son régime qui soupirent depuis des années en  quête de justice. Pas mal de plaintes ont été portées par des victimes contre lui.

Jean Claude Duvalier est arrivé au pouvoir à l’âge de 19 ans, le 21 avril 1971, en remplacement de son père décédé, le docteur François Duvalier, dictateur aussi de son état. Surnommé « Baby Doc », Jean Claude a dirigé le pays jusqu’à sa chute le 06 février 1986, suites à de fortes mobilisations populaires contre lui. Il est parti en exil en Europe (France), où il a passé un quart de siècle (25 ans). Et il est revenu en Haïti, en janvier 2011.

Qu’on se le rappelle ! Pas mal des gens, notamment des jeunes avaient fait le déplacement pour aller accueillir l’ex-dictateur. Cette situation avait provoqué beaucoup de réactions auprès des observateurs qui pensent, pour la plupart d’entre eux, qu’il s’agissait d’ ‘une preuve d’ignorance de l’histoire du pays. C’était la preuve d’un déficit de mémoire sur le passé douloureux qu’a connu le pays dont il était accusé comme acteur.

« Qu’avez-vous fait de mon pays ? », telle a été cette fameuse question lancée au micro des journalistes en couverture de sa réapparition surprise. Il semblait s’adresser directement aux nouveaux dirigeants qui lui avaient succédé.

Mais nous nous interrogeons  à propos : comment lui rendre hommage ? Un président qui a bien dirigé son pays ? Un ex-dictateur qui a mal mené son pays, en laissant encore ses séquelles au sein de la société? Mérite-il des hommages de la nation ? A quel sentiment va-t-on chanter ses funérailles ? Comment les victimes vont-ils assister à son deuil ?

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Article : Haïti : 30 septembre 1991, ce  coup d’Etat qui laisse encore des goûts amers…
Politique
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2 octobre 2014

Haïti : 30 septembre 1991, ce coup d’Etat qui laisse encore des goûts amers…

haïti- 30-septembre-1991-ce-coup-d-etat-qui-laisse-encore-des-gouts-amers30 septembre 1991: sinistre date de l’histoire récente du pays…

Le 30 septembre 2014 a ramené au 23e anniversaire du coup d’Etat contre Jean Bertrand Aristide, orchestré par des membres des forces armées d’Haïti. La commémoration de cet événement a été marquée par une manifestation organisée par les partisans de l’ex-président, actuellement en difficulté, suite à des poursuites judiciaires lancées à son endroit.

Après la chute de régime des Duvalier en février 1987, beaucoup d’incidents, avec des conséquences les unes plus fâcheuses que d’autres, se sont produits. De l’installation problématique du conseil national de gouvernement (CNG), jusqu’au coup d’Etat contre le premier président élu démocratiquement, Jean Bertrand Aristide (JBA), les luttes pour le pouvoir n’ont pas manqué d’atrophier le développement du pays. Dans une courte période, pas moins de trois coups d’Etat  se sont réalisés. Le 20 juin 1988, Lesly Manigat a été renversé par un Henri Namphy. Ce dernier a été, à son tour, renversé par Prosper Avril, le 18 septembre de la même année. Démis de ses fonctions, Avril a été remplacé par Ertha Pascal Trouillot, en mars 1990. Cette dernière a été chargée des élections devant conduire Aristide au pouvoir en février 1991. Mais zut !  Le général Raoul Cedras s’est présenté sur la scène, JBA est chassé du pouvoir.

Selon des observateurs, le coup d’Etat du 30 septembre 1991 contre le président Aristide reste et demeure l’un des plus grands coups d’Etat orchestrés par des militaires des forces armées d’Haïti, dans toute l’histoire du pays. C’était un véritable coup de force qui désarçonnait les racines de l’espoir de tout un peuple. JBA était la figure emblématique de la nouvelle marche de cette société qui venait de subir les atrocités de la dictature. Les petits soldats du régime ont laissé des souvenirs indélébiles dans le mental des gens. L’homme qui symbolisait la rupture à ce sinistre passé n’était autre que lui, JBA.

Dès sa campagne électorale, l’on pressentait déjà un malheur à venir. En effet, il articulait sa campagne dans la lutte la lutte contre la corruption, les mauvaises pratiques, des fonctionnaires, la fraude,  l’exploitation de la masse populaire par une élite bourgeoise étrangère. Mais surtout, il promet de faire une réforme au sein des forces armées d’Haïti. (FAD’H).

Cela dit, entre le président et l’armée dont il était le commandant en chef, selon les règles, la discordance était déjà de mise. Le président avait un plan, celui de restructurer ce corps, à plusieurs niveaux, entre autres:  la modernisation de l’armée; sa décentralisation vers les zones frontalières; le désarment complet de l’armée et une épuration de l’armée des éléments corrompus ». Ce qui a suscité des attitudes et comportements de méfiance chez des éléments de cette force.

Ce 30 septembre 2014, des partisans de l’ex-président se le rappelaient. Ils ont pu, à leur juste manière, commémorer, le 23ème anniversaire du coup d’Etat orchestré contre leur chef. Cet événement laisse encore des goûts amers au sein de la société haïtienne, particulièrement au sein du parti Fanmi Lavalas. A cet effet, une manifestation a été organisée à Port-au-Prince, en  soutien à leur leader qui traverse actuellement une situation plutôt peu paisible.

Toujours pas de déclaration officielle de l’homme fort du parti de Fanmi Lavalas.  Difficile d’en avoir une dans ce contexte. Le ciel est encore bourré de nuages dans le monde du « Fanmi Lavalas ». Le leader (encore indispensable) n’a pas le cœur net. Pour cause, il a des comptes à rendre à la justice. Un mandat d’amener a été lancé. Bien que soit contesté et dénoncé par beaucoup, l’épée de Damoclès est toujours suspendue sur sa tête. Donc, pas raison d’avoir largement la tête à autre chose. Dorénavant, tous ses faits et gestes sont sur contrôle.

Faut-il rappeler que JBA a été deux fois élu comme président de la République, deux fois renversé du pouvoir. A peine élu en décembre 1990, il fut renversé en septembre 1991 par le coup d’Etat.  Il va gagner à nouveau les présidentielles de 2000, puis,  sera contraint de quitter son fauteuil présidentiel en 2004, après de fortes mobilisations populaires engagées à son encontre.

 

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Article : L’accord d’El Rancho : un épisode toujours sans son aboutissant réel
Politique
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25 septembre 2014

L’accord d’El Rancho : un épisode toujours sans son aboutissant réel

En Haïti, dès le début de l’année janvier 2014,  la question du dialogue inter-haïtien reste et demeure ce qui domine l’actualité. La nécessité du dialogue émane de l’interminable crise politique qui a ressurgi dès l’avènement de l’actuel président de la République, Michel J. Martelly. L’ex chanteur, plus connu sous le nom de « Sweet Micky », comme premier citoyen de la nation, semble représenter une insulte pour la traditionnelle classe politique de ce pays.

En effet, sous les regards de l’église catholique, en janvier 2014, dans un hôtel de la capitale, Port-au-Prince, les pouvoirs législatif et exécutif, des partis politiques et des membres de la société civile avaient engagé des pourparlers ayant abouti à un accord,  comme le veut le principe du dialogue.

Si la logique du dialogue implique nécessairement des échanges entre des interlocuteurs, nous pouvons supposer que son essence s’articulait autour des intérêts de la population. Mais, plus aucune illusion là-dessus ! En réalité, à en croire la tendance générale populaire, il n’en a jamais été question. A chacun ses propres intérêts à défendre ! Personne ne s’attendait quasiment plus à rien de concret ! La méfiance, quant aux aboutissants réels de ce dialogue, envahissait déjà de plus en plus l’opinion publique en Haïti. Pour ainsi dire, les acteurs partaient sous de mauvaises pentes.

Et pour bien comprendre le bien-fondé de cette argumentation, d’aucuns se penchent sur les différents types d’acteurs qui y prenaient part. A l’instar des représentants directs des pouvoirs exécutif et législatif, la plupart des représentants des partis politiques étaient soupçonnés d’être proches de l’exécutif. Donc, pas moyens de contrebalancer la force des échanges. L’exécutif en prenait alors l’avantage. L’absence des grandes figures de ce que l’on nomme « l’opposition démocratique », symbolisée notamment par le MOPOD (Mouvement Patriotique de l’Opposition Démocratique), a discrédité d’avantage l’objectif de ce dialogue. Ce doute légitime allait se réconforter et se justifier avec des nouvelles têtes, des acteurs  retrouvés à bord de la table gouvernementale, dans le dernier remaniement ministériel. Lequel faisait  partie des thématiques abordées, lors du dialogue, à coté, entres autres,  de l’organisation des élections pour les sénatoriales (renouvellement d’un tiers).

Pour sa part, le parlement, particulièrement le Sénat de la République, est divisé sur la question du dialogue. Si la chambre des députés était censé être déjà acquise à la solde de l’exécutif, le Sénat présente le cas de figure contraire. Le pari n’était toujours pas gagné! Six des sénateurs soupçonnent le président de la République d’avoir des projets macabres pour le pays, surtout de ne pas avoir la volonté d’organiser les élections à temps, pour pouvoir diriger par décret, une fois que le parlement aura été déclaré caduc.

Pour le moment, le principal barrage auquel se confronte l’administration est le fameux groupe des 6 sénateurs.Le gouvernement est alors face contre mur. L’étendard est dressé. Cette minorité au Sénat de la République que la presse nomme, « l’aile dure » de l’opposition au pouvoir se compose des gens, pour la plupart, de souches Lavalas, parti de l’ex président Jean Bertrand Aristide, actuellement dans le collimateur de la justice pour des choses qui lui ont été reprochées dans sa gestion de l’administration publique, ne fait pas de cadeaux à l’administration en place.

Tous les faits et gestes du gouvernement sont passés au crible de leurs manières de voir. Tous, gouvernement et opposition, croient et disent agir dans l’intérêt de la population haïtienne. Chacun, de son coté, a une conception non clarifiée de la population. Le gouvernement, croyant avoir les bonnes grâces de cette dernière, fustige le comportement de ce groupe des 6 accusés d’avoir mis  en otage la marche du pays, en refusant de voter la loi électorale devant donner libre court au conseil électoral déjà mis sur pied selon les ententes trouvées par les différents acteurs.  Le groupe des six (6) est qualifié d’élément de blocage, pour avoir réfuté l’accord du dialogue qui prévoit la manière de mettre sur pied le conseil,lui donnant certaines prérogatives, au cas où le parlement ne voterait pas les amendements à la loi électorale dans les mêmes termes au sein des deux chambres.

Méfiance de part et d’autre. L’atmosphère politique est polluée. Les acteurs peinent encore à forger la porte de sortie. Pourtant la solution est trimballe sous nos yeux. L’entente sur un projet collectif ! Pas besoin de l’internationale pour y parvenir! Nous en sommes capables, en dépit de nos réticences. Ignorance ? Cynisme ? Mais à qui profite cet état de fait ? Ce qui est certain, Haïti en perd gros.

gensonoel@gmail.comArmoiries Haiti

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L'auteur: worlgenson
Worlgenson NOEL (République D'Haïti) gensonoel@gmail.com

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